Millau. Rencontre avec Azouz Begag, sociologue, écrivain et ancien ministre

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Azouz Begag, sociologue, écrivain, ministre délégué à la Promotion de l’Egalité des chances de 2005 à 2007 sera à Millau le vendredi 18 février :

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  • de 17h à 19h à la librairie Caumes, avenue de la République, pour la signature de son dernier livre « L’arbre ou la maison »
  • à partir de 20h30, au cinéma de Millau où sera projeté le film tiré de son livre « Le gone du Chaâba » suivi d’une discussion-échange à 22 h

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Il sera ensuite à Rodez samedi 19 février de 10h30 à 12h à La Maison du livre, passage des Maçons, pour la signature de « L’arbre ou la maison »

Azouz Begag est né à Lyon, ses parents, originaires d’Algérie, s’étant installés en France en 1949. Il passe les dix premières années de sa vie dans le Chaâba, bidonville de Villeurbanne. À l’école, il connaît le racisme. Son travail acharné à l’école et à l’université lui fera obtenir un doctorat en économie à l’université Lyon 2 sur le thème « L’immigré et sa ville ». Dès 1980, il a combiné les fonctions de chercheur au CNRS – à la Maison des sciences sociales et humaines de Lyon- et d’enseignant à l’Ecole centrale de Lyon.

Il fut ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances de 2005 à 2007 dans le gouvernement Dominique de Villepin, sous la présidence de Jacques Chirac, ce qui lui inspira son livre Un mouton dans la baignoire (Fayard, 2007), puis de 2013 à 2016 il a occupé le poste de « conseiller culturel et de coopération » à l’ambassade de France du Portugal.

Désormais retiré de la politique, il se consacre à l’écriture et au partage de ses expériences, brisant ainsi les codes du « déterminisme social » : le destin d’un individu serait-il toujours déterminé à la naissance par son origine sociale ? Il faut lutter contre le manque de confiance personnelle des individus défavorisés qui peut les conduire à s’auto-exclure et l’absence de rôle modèle à se persuader que « la réussite sociale, les diplômes, ce n’est pas pour eux ».

« L’arbre ou la maison » : (2021- Editions Julliard)

Dans ce roman, Azouz Begag retrouve le pays de ses origines et dit le déchirement d’être un « bi », à la fois français et algérien, ou ni l’un ni l’autre… Juste un homme, un écrivain à la recherche de son identité profonde, celle de ses racines que rien ne peut sectionner. Il y décrit le voyage qui le ramène à ses origines algériennes, à Sétif, où sont enterrés ses parents et où, enfant, il passait ses vacances avec son grand frère qui l’accompagne dans ce nouveau périple. Mais ils s’aperçoivent très vite qu’ils ne sont pas les bienvenus, de plus la maison familiale est menacée par les racines d’un peuplier devenu immense. Cruel dilemme : faut-il couper l’arbre et garder la maison, ou l’inverse ?

« Le Gone du Chaâba »

https://www.youtube.com/watch?v=JuU7-a-ZQIc

Adapté de son livre autobiographique (1986 – Editions du Seuil), ce film (1998) raconte l’enfance d’Omar (nom donné à Azouz dans le film) dans un bidonville de la banlieue lyonnaise de 1963. Le mot « gone » est un mot du patois lyonnais désignant les « enfants ». Le Chaâba (ou bidonville) est un ensemble d’habitations précaire sans hygiène et misérable, mais où règnent tout de même l’entraide, la fraternité et la solidarité. Le film développe la vie quotidienne des immigrés, le racisme et la xénophobie, le rôle de l’école dans l’intégration… Mais il souligne aussi les différences entre les modes de vie, les disparités des richesses.

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