Millau. Le harcèlement scolaire, parlons-en avec l’association UBAKA

Fanny Alméras
Lecture 6 min.
Christophe Carrat, Stéphane Bigard, Laurent Dumarest et Gérald Lanza. © Millavois.com

[dropcap]E[/dropcap]n 2011 naissait l’association UBAKA (Urban Bulldogs Against Kids Abuse) à Nice. Devenue depuis un réseau international d’associations composées de motards, elle lutte contre la maltraitance des enfants et plus particulièrement le harcèlement scolaire. En Occitanie, un « Chapter » (une antenne) a ouvert en 2016 avec à son bord une délégation millavoise.

Parmi les 15 membres de l’association UBAKA, cinq sont aveyronnais, dont trois motards millavois qui se sont engagés bénévolement pour cette cause. Stéphane Bigard, Christophe Carrat et Gérald Lanza ont décidé de combattre le harcèlement scolaire, mais surtout d’en parler en développant une antenne aveyronnaise.

Prévention et information

Pour l’association UBAKA, les moyens d’agir contre le harcèlement scolaire passent par des campagnes de sensibilisation, d’information et de prévention auprès du jeune public. Pour cela, ils interviennent dans les classes avec l’accord des chefs d’établissements ou des groupes scolaires. Pendant ces temps d’échange, ils projettent un film sur le sujet qui débouche sur un débat avec les enfants et adolescents.

Souvent, les membres de l’association restent même avec les jeunes le temps de la récréation ou du repas de midi. « Alors, les langues se délient, expliquent-ils, et il n’est pas rare de constater que plusieurs enfants ont été victimes, témoins ou même acteurs de harcèlement scolaire. » Selon les chiffres avancés par l’association, en moyenne, 3 enfants par classe de 24 élèves auraient été victimes de harcèlement une fois dans leur vie.

Ces moments sont l’occasion de faire prendre conscience aux enfants de l’importance de certaines choses, notamment au niveau des réseaux sociaux. Lorsqu’on like une publication, on cautionne et on devient acteur du harcèlement, si on l’ignore ou qu’on la dénonce, on devient une solution ».

Des parents démunis

Malheureusement, l’histoire a montré que la plupart du temps, les enfants ne parlent pas ou que leur témoignage est minimisé par l’entourage, pire encore, parfois, il est trop tard pour intervenir.

Avant d’en arriver à des situations gravissimes, les motards d’UBAKA sont bénévolement à la disposition de tout le monde et auprès de parents souvent démunis.

C’est ainsi qu’en 2020, à la suite d’une publication Facebook, les motards millavois ont roulé au secours d’un élève de sept ans harcelé et moqué par ses camarades de classe : « il était devenu le souffre-douleur jusque dans son club sportif, regrettent-ils. Nous avons rencontré la maman et l’enfant. Nous avons échangé, après nous être vus plusieurs fois, nous l’avons récupéré en surprise pour lui offrir un tour de moto dans la vallée, l’occasion de parler de faire connaissance et de l’aider à se libérer. Peu à peu, une relation s’est créée, l’enfant a intégré une nouvelle école, il est mieux dans sa peau et avoue qu’il est rassuré grâce à ses vieux copains ».

Ils le rencontrent encore de temps en temps, prennent des nouvelles régulièrement et sont « ravis de constater qu’il se sent mieux. Pour autant rien n’est gagné, et le soutien se poursuivra tant qu’il en aura besoin », soulignent-ils. Les Millavois expliquent que l’image du motard est rassurante : « nous n’avons pas la prétention de régler tous les problèmes, mais notre présence est adaptée et non intrusive, nous sommes là pour rassurer, aider ces jeunes à reprendre confiance en eux et pour que les parents ne se sentent plus seuls face à ce fléau ».

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© Millavois.com

Développer l’association aveyronnaise

Même si elle est représentée par des motards, l’association UBAKA n’est pas un club de moto. Le président Laurent Dumarest, aimerait développer l’antenne aveyronnaise et ouvrir l’association même aux gens qui ne pratiquent pas la moto en tant que support, mais il insiste sur l’engagement : « Je veux éveiller les bonnes âmes, il faut avoir une réelle envie de défendre cette cause, d’aider les enfants pour leur redonner le sourire ».

UBAKA peut intervenir à tout moment, à l’initiative des établissements, à la demande des parents, des associations de parents d’élèves et même des enfants. Ses interventions sont pédagogiques et se font toujours sous le couvert des établissements dans le cadre scolaire ou de la famille.

[box type= »info » align= » » class= » » width= » »]Le chapter UBAKA Occitanie sera présent au Forum des associations à Millau en septembre 2022 et au salon de la BD de Graulhet les 11 et 12 juin prochains. Contact : Christophe Carrat au 06 95 59 81 12.[/box]

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