Une troisième carotte pour la cuisine centrale de Millau

Fanny Alméras
Lecture 5 min.
25 producteurs locaux situés à moins de 50 km de la cuisine centrale sont déjà partenaires du projet 100 % bio et local.

La cuisine centrale de Millau vient d’obtenir une troisième carotte, symbole du niveau 3 du Label national ECOCERT. Ce dernier valorise les établissements de restauration collective qui proposent des produits bio, sains et locaux dans une démarche de développement durable. Pour célébrer l’évènement et la récompense que seuls deux établissements en France ont obtenu, tous les artisans de ce projet s’étaient donné rendez-vous dans les locaux de la cuisine centrale mercredi 31 janvier à midi.

Depuis le début de son mandat, Emmanuelle Gazel, maire de Millau ne cache pas son ambition d’atteindre les 100 % bio à la cuisine centrale en privilégiant la filière des circuits courts et les achats auprès des producteurs locaux. Julien Aigouy le directeur de la cuisine centrale est, depuis longtemps pleinement engagé dans cette démarche qu’il porte avec les élus, mais aussi avec près d’une trentaine de producteurs locaux qui sont devenus bien plus que des fournisseurs, car il y a un peu de chacun d’eux dans les assiettes de nos enfants.

Un soutien aux agriculteurs et producteurs

Clin d’œil à l’actualité et à la révolte du monde agricole, devant des producteurs présents, la maire de Millau a déclaré, « en politique, il y a les mots d’amour et puis il y a les preuves d’amour. Ce qu’on fait ici démontre que notre soutien des agriculteurs est concret, engagé et qu’il sera pérennisé ». L’édile a également fait remarquer que dans ce cas précis, « on voit que l’écologie est inclusive, et qu’elle n’est pas toujours punitive, c’est bien de l’écologie, et du mieux manger pour toutes et pour tous » a-t-elle insisté. En attestent les 30 % d’augmentation d’enfants inscrits dans les cantines millavoises qui profitent du tarif à 1 € depuis l’an dernier et l’approvisionnement chez 25 producteurs à moins de 50 km de la cuisine centrale.

Une politique qui porte se fruits

Impulsé par Josette Hart, alors élue sous le mandat de Guy Durand, cette politique a donc porté ses fruits (locaux !) Depuis, en 2018, l’établissement de restauration collective avait obtenu sa première carotte puis une seconde en 2020 jusqu’à aujourd’hui atteindre le plus haut niveau de labélisation en répondant à un cahier des charges précis. « Nous avons amplifié ce travail et l’avons accéléré, nous sommes fiers aujourd’hui d’avoir atteint 61 % (contre 25 % en 2020) de produits issus de l’agriculture biologique dont plus de la moitié est locale » a détaillé Aurélie Eson en saluant les 25 producteurs locaux avec lesquels la cuisine travaille et en remerciant le personnel dans les écoles et les équipes de la cuisine centrale pour leur travail.

À l’occasion de la remise officielle de cette récompense, Thierry Stoedzel, le directeur ECOCERT France avait fait le déplacement. Il a souligné « l’engagement total autour du projet », et salué le nombre de producteurs présents.

« C’est un projet incroyable, je ne sais pas si vous vous rendez-compte de ce que vous êtes en train de faire ici, sur ce territoire à cette échelle ! Il y en a plein qui essaient, mais vous, vous réussissez avec ambition, force et sincérité, vous pouvez-être fiers », a-t-il déclaré en s’adressant à l’ensemble des acteurs de cette réalisation.

millau cuisine centrale label ecocert 02

Objectif 100 % en 2026

À l’heure actuelle, 1800 repas sortent chaque jour de l’établissement, dont 1300 pour les cantines scolaires de 8 communes et les repas à domicile. Ils sont à 90 % faits maison. Le budget annuel d’achat de denrées alimentaires est de 610 000 € dont 300 000 € ont été reversés sur le territoire en 2022.

La cuisine centrale poursuit sa route vers le 100 % bio, que les élus veulent atteindre avant la fin du mandat en 2026 pour respecter leurs engagements. Il semble que rien ne pourra arrêter cette dynamique, pas même les locaux vieillissants et plus tout à fait adaptés aux 20 salariés (portage des repas compris) qui travaillent à Saint-Germain. Une nouvelle cuisine centrale devrait voir le jour, plusieurs pistes d’implantation sont actuellement à l’étude, sa surface devrait être agrandie d’environ 100 m2, mais surtout, elle sera pensée pour ce mode de fonctionnement qui lui est propre et pour évoluer si c’était nécessaire.

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