Les élus de la Communauté de Communes Millau Grands Causses étaient réunis jeudi 12 décembre pour discuter les grandes orientations budgétaires. Entre frustrations et lassitudes…
La Présidente Emmanuelle Gazel semble lasse. Elle l’annonce d’emblée, l’exécutif a eu « les plus grandes difficultés pour construire ce DOB », notamment compte tenu du contexte national. En l’absence de Projet de Loi de Finances (et de gouvernement), beaucoup de données sont inconnues et rendent l’établissement du budget équivalent à un exercice d’orientation au doigt mouillé.
À ce jeu-là, la raison préconise des hypothèses les plus basses possibles, principe de précaution oblige. Baisses de dotations de l’État, baisses du Fonds de Compensation de la TVA, augmentation des cotisations retraites, participation au redressement des comptes publics, les sujets d’insatisfaction de l’édile sont nombreux et mettent le budget en berne.
« C’est très injuste de faire porter la responsabilité du remboursement du déficit de l’État aux collectivités qui gèrent bien et ont des budgets équilibrés », peste la Maire de Millau.
Ajoutez à cela la montée en charge de l’exploitation du complexe sportif (1,14 M€ annuels) et quelques augmentations conjoncturelles, vous avez la recette de la présentation du DOB.
Au registre des bonnes nouvelles, certes rares, mais remarquées et mises en avant, la mutualisation qui a fait économiser 829.000 € à Millau Grands Causses depuis le début du mandat, les recettes des taxes de séjour en hausse grâce au nombre de nuitées historique en 2024, entre autres.
Projets à arbitrer, orientation vers les villages à venir
Le montant à investir pour la Communauté sera de 1,3 M€ en 2025, le plus bas depuis le début du mandat. Le montant total investi devrait malgré tout sortir à 12 M€ (hors complexe sportif à 23 M€, NDLR) à la fin du mandat.
L’objectif de ramener le taux de désendettement en dessous de 9 ans en 2026 ne sera pas tenu. Une projection annonce même qu’il s’approcherait dangereusement des 12 ans, le seuil d’alerte.

À noter malgré tout qu’avec le Projet de Loi de Finance tel qu’il était proposé par le gouvernement Barnier, le taux de désendettement 2025 serait ressorti à 8,64 ans.
Comme le signale Emmanuelle Gazel : « c’est décourageant. On fait énormément d’économies et malgré ce, nos marges sont dégradées. » Des efforts qui ne paient pas, ou en tous cas qui ne se voient pas.
Bien consciente que le début de mandat a plutôt été orienté vers Millau, l’intention est que la seconde partie aille plutôt vers les villages.
Reste que ces mauvaises nouvelles financières risquent bien de remettre en question un certain nombre de projets. « 1,2 M€ ne pourront pas être réalisés en 2025. Il nous faudra arbitrer, discuter tous ensemble et décider mais il y aura forcément des déçus. »
Une lueur d’espoir néanmoins : avec la nomination d’un gouvernement rapidement et un vote de budget qui serait favorable aux collectivités locales, le budget pourrait changer du tout au tout. Mais là, on entre dans la politique fiction.
RH, une question pas diverse
À l’heure des questions, une est sortie du lot. Elle est venue d’Aguessac par l’intermédiaire de Jacques Commayras, également Vice-président délégué à la gestion des déchets. Il a pointé du doigt l’augmentation des charges de personnels depuis le début du mandat : + 25 ETP soit une augmentation de 40% du personnel intercommunal.
Emmanuelle Gazel s’est alors employée pour lui répondre, Michel Durand, conseiller délégué aux ressources humaines, s’y est également essayé, sans réussir à le convaincre.
« L’augmentation est importante, il me paraît donc important d’en discuter », explique l’élu nagassol, qui aura peut-être ses réponses ultérieurement.


