La Communauté de communes Millau Grands Causses, la Mairie de Millau et l’Association Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel du Pays de Millau unissent leurs forces pour inscrire les savoir-faire liés à la ganterie millavoise au Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO. Une convention vient d’être signée pour structurer cette démarche ambitieuse.
Un savoir-faire d’exception en quête de reconnaissance
Depuis plusieurs siècles, Millau est reconnue comme un haut lieu de la ganterie, un artisanat emblématique qui a marqué l’histoire économique et culturelle de la région. Malgré les mutations du secteur, les artisans perpétuent ce savoir-faire unique, aujourd’hui en quête d’une reconnaissance mondiale.
L’Association Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel du Pays de Millau porte ce projet depuis 2019. Après une première tentative d’inscription infructueuse en 2023, la ganterie a toutefois été intégrée à la liste des métiers du patrimoine immatériel en France en décembre dernier. Une nouvelle candidature auprès de l’UNESCO doit être déposée en mars 2025, avec l’objectif d’une inscription en 2026. Pour maximiser les chances de succès, une candidature transnationale avec l’Ukraine, qui possède une tradition similaire dans la région des Carpates, est envisagée.
Un engagement fort des institutions locales
Afin de structurer et financer cette initiative, une convention d’objectifs a été signée entre la Communauté de communes Millau Grands Causses, la Mairie de Millau et l’association. Celle-ci prévoit une aide annuelle de 15 000 euros de la part de chaque collectivité pour soutenir le projet en 2025.
« Cette reconnaissance représenterait une formidable opportunité pour notre territoire, tant sur le plan culturel qu’économique », explique Arnaud Curvelier, vice-président de la Communauté de communes en charge du tourisme. La maire de Millau, Emmanuelle Gazel, souligne quant à elle l’impact de cette démarche sur le rayonnement de la ville et la transmission des savoirs aux jeunes générations.
Un travail de longue haleine
La démarche d’inscription implique de nombreuses étapes : étude de faisabilité, mobilisation des artisans et experts, rédaction du dossier de candidature, sensibilisation du public, organisation d’événements et mise en œuvre de mesures de sauvegarde. L’association, sous la direction de Nadia Bédar, pilote ces actions en lien étroit avec le ministère de la Culture.
Le soutien financier de la Communauté de communes et de la Mairie permettra de poursuivre ces efforts et d’assurer le bon déroulement du projet. Un suivi régulier sera effectué, avec des bilans annuels présentés aux partenaires.
Un enjeu patrimonial et économique
L’inscription de la ganterie millavoise à l’UNESCO serait une reconnaissance majeure, susceptible d’attirer l’attention du public et des visiteurs sur cet artisanat d’exception. Les retombées médiatiques et touristiques pourraient dynamiser l’activité locale et encourager la transmission de ces savoir-faire aux générations futures.
En attendant la réponse de l’UNESCO, Millau continue de faire vivre son patrimoine en valorisant son histoire et ses artisans. Cette candidature est bien plus qu’une formalité administrative : c’est un véritable projet de territoire, porté par la passion et la persévérance de ses acteurs.


