Millau. Au procès des militants de la Confédération Paysanne, deux mondes s’affrontent

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Ce jeudi 20 février, trois militants du syndicat agricole (Éric Darley, Christian Roqueirol, Francis Roux) étaient convoqués par la justice. Après la manifestation au péage du viaduc de Millau le 8 mars 2023 contre la réforme des retraites, cinq gendarmes avaient déposé plainte contre les prévenus.

Soutenus dans la rue par une centaine de « camarades », les prévenus sont apparus détendus devant la cour. Répondant chacun au chef d’accusation de rébellion en réunion (celui de dégradation en réunion a été abandonné, Eiffage ne demandant pas de dommages et le procureur demandant la relaxe), ils sont sortis de l’audience particulièrement confiants.

La présidente de la cour, Geneviève Brian-Barranguet, vice-présidente au tribunal de proximité de Millau, a pu entendre chaque partie, deux témoins également, et a pris le temps de répertorier et synthétiser les éléments. Au cœur des discussions notamment, la vidéo diffusée par Millavois.com commentée par chaque partie et sur laquelle chacun a vu des éléments à charge défendant sa position.

L’avocate de la partie civile, maître Elsa Cazor, a quant à elle, insisté sur la volonté de résistance, de désobéissance et de radicalité des accusés, sur la dangerosité de leur comportement sur cette portion d’autoroute avec un trafic routier continu, estimant « vous vous êtes placés au-dessus de la loi. Quel exemple donnez-vous aux futures générations en vous en prenant violemment aux forces de l’ordre ? »

Elle a demandé 1 000 € pour chaque plaignant (gendarmes) au titre du préjudice moral et 250 € au titre de frais.

Le procureur Chabbi, déjà très incisif durant l’audience, n’a pas été tendre avec les accusés dans ses conclusions : « la force ne doit jamais brimer le droit. Ce jour-là, deux logiques irréconciliables se sont affrontées. Vous avez été jusqu’au-boutistes, vous êtes trompés de cible. Les accusés ont profité de la bienveillance et de la faiblesse structurelle du dispositif. » Il a demandé des peines d’emprisonnement pour les trois accusés assorties d’un sursis simple de six mois.

Les avocats toulousains de la défense, maîtres Brel et Delorge, dans diverses interventions, l’ont répété durant le procès : « on ne sait toujours pas ce qu’on fait là ni de quoi précisément sont accusées ces trois personnes. » Après avoir dénoncé un double réquisitoire de la partie civile et du parquet, ils ont demandé une relaxe totale, estimant « impossible d’identifier avec certitude les trois prévenus pour les accuser des faits reprochés ». Le jugement a été mis en délibéré au 15 mai 2025.

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