Dans cette tribune, Karine Haumaitre, élue d’opposition, alerte sur un phénomène préoccupant : l’accès trop facile des jeunes aux substances addictives – alcool, tabac, vapotage, drogues dites récréatives, paris en ligne. Alors que l’État fait de la prévention une priorité nationale, elle pointe du doigt un laxisme local qui compromet les efforts des parents, des écoles et des associations. Face à cette situation alarmante, elle appelle à une application stricte de la loi, à un renforcement des contrôles et à une prise de responsabilité collective pour protéger la jeunesse.
Aujourd’hui, on le sait tous, la question des conduites addictives chez les jeunes (alcool, tabac, produits de vapotage, cannabis, drogues de synthèse, jeux et paris en ligne…) est plus que d’actualité. L’Etat en fait une cause capitale et nationale et les professionnels de santé et de l’enfance nous alertent régulièrement sur ces comportements de plus en plus précoces et leurs conséquences (problèmes de santé, effets néfastes sur le développement cognitif et émotionnel, accidents…).
Le rôle des parents, l’implication du cadre familial, de l’école, des associations dans la prévention, la sensibilisation aux dangers de ces produits psychoactifs auprès des enfants sont une évidence. Mais que cela vaut-il si hors les murs de la maison ou du cadre institutionnel ces mêmes jeunes sont exposés à un environnement où ces substances nocives interdites à la vente aux moins de 18 ans sont facilement accessibles ? Que cela vaut-il si vos enfants mineurs parvenaient malgré vos efforts à vous parents et encadrants à se procurer ces produits sans rencontrer d’obstacles significatifs ? Que vaudraient finalement votre prévention et vos précautions (quand on connaît leur goût pour la transgression et la tentation d’essayer) face à cette facilité d’accès ? Vous trouveriez cela inquiétant ? Vous seriez indignés avec le sentiment d’être abandonnés ? Et bien vous auriez raison et à juste titre.
À l’issue d’échanges avec des adolescents, un grand nombre d’entre eux ayant consommé de l’alcool dit l’avoir acheté dans un commerce de la ville ou consommé dans un établissement débitant lors d’événements festifs. D’autres, fumeurs, déclarent acheter eux-mêmes leurs cigarettes (paquet ou matériel de vapotage e-cigarette) chez un buraliste. Encore d’autres ont pu accéder à des Puffs ou des fioles de Poppers. Et puis certains sont autorisés chez des commerçants à valider avec leur téléphone des paris sportifs faits en ligne. Ce phénomène prend des proportions alarmantes.
Mais comment cela est-il possible ? Comment se fait-il que nos mineurs dans notre commune qui devraient bénéficier d’un environnement protecteur (cadre familial ET hors cadre familial) et guidé vers un avenir sain se retrouvent en capacité de s’approvisionner sans grande difficulté et exposés à des des risques considérables alors qu’un vrai cadre légal existe pour l’éviter ? Pourquoi les lois existantes entourant l’interdiction de la vente aux mineurs des produits précités ne sont-elles pas toujours strictement appliquées dans notre commune ? Pourquoi avons-nous à faire à des signes d’aveuglement ou de complaisance ou de considérations lucratives face à cette problématique. Il n’est en effet pas rare d’entendre depuis cinq ans des discours minimisant ces problématiques en évoquant des statistiques ou des classements « pas pires qu’ailleurs » ou en adoptant tardivement des arrêtés municipaux essentiels à la réalité vécue et évoquée par nos jeunes eux-mêmes.
Dans un climat de société addictogène, ce climat local de laxisme, de passivité est délétère. La permissivité apparente fait beaucoup de mal. N’oublions pas que dans cette cause capitale de notre gouvernement le dernier kilomètre est de la responsabilité de nos autorités locales. Faisons respecter la loi. Cela est impératif pour endiguer ce phénomène. Renforçons les contrôles dans les commerces, les débitants et responsables d’événements. Sensibilisons-les à leurs responsabilités légales et les risques encourus. Appliquons des sanctions dissuasives pour décourager les pratiques illégales (amendes, fermetures administratives). Continuons l’implication des établissements scolaires et l’engagement des parents et de la communauté associative.
La règle est inscrite sur le papier il est impératif qu’elle se traduise par des actions concrètes sans relâche. La protection de nos jeunes doit être au cœur de nos préoccupations et pas seulement l’objet de sondages et questionnaires séduisants portant sur ce qui leur plaît ou non à Millau. Notre devoir est de ne pas accepter cette situation.
Pour finir et élargir la problématique auprès notamment de notre député Monsieur Rousset, il est impératif que soit révisée la loi en remettant dans la liste des produits interdits à la vente de manière générale certains produits qui après l’annulation de l’arrêté d’interdiction se retrouvent de nouveau sur le marché (Poppers) car ne présentant à priori pas de risque de pharmacodépendance… C’est une aberration. Chacun d’entre nous a une responsabilité dans cette mission de prévention, d’éducation et de protection sans complaisance et légèreté pour que nos jeunes soient soutenus dans la construction d’un avenir sans dépendance. Et que dire des dangers liés à l’accès des drogues…
Karine Haumaitre, élue d’opposition
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