Ce jeudi 1er mai 2025, plusieurs rassemblements ont eu lieu en Aveyron à l’appel des organisations syndicales locales. À Millau, à l’appel de la CGT, FSU, Solidaires et de la Confédération Paysanne, comme ailleurs, ces manifestations n’ont pas mobilisé les foules, mais ont marqué la continuité des luttes sociales et une volonté partagée de défendre les acquis sociaux face aux menaces actuelles.
Pour ce premier mai, les forces de l’ordre ont comptabilisé 200 personnes à Rodez, 170 à Decazeville, 60 à Villefranche-de-Rouergue, 50 à Saint-Affrique et à peine 120 à Millau. Dans la sous-préfecture aveyronnaise, le rassemblement s’est tenu en fin de matinée sur la place de La Capelle. Plusieurs prises de parole syndicales se sont succédé, dénonçant la montée des tensions internationales, l’augmentation massive des budgets militaires et les régressions sociales engagées par le gouvernement. Dans un communiqué relayé à l’unisson, l’Union syndicale locale alerte : « Le monde s’enlise dans des conflits […], cette course à la guerre n’est pas possible ! ». Elle dénonce « la posture martiale du président Emmanuel Macron et affirme que cette logique belliciste se traduit par une guerre sociale, touchant aux acquis sociaux et aux services publics ».

Les revendications portées localement rejoignent les mots d’ordre nationaux : augmentation des salaires et des pensions, défense des services publics, arrêt des licenciements, annulation de la réforme des retraites et des réformes de l’assurance chômage, maintien de l’abattement fiscal pour les retraités, refus de la baisse des indemnisations d’arrêt maladie, amélioration des conditions de travail… mais aussi, des cessez-le-feu immédiats dans les conflits internationaux, notamment à Gaza, en Palestine, en Ukraine et ailleurs dans le monde.

Le mot d’ordre national « Pour la paix maintenant, défendons nos conquêtes sociales, pour l’égalité, les libertés et la justice sociale » résonnait dans les discours syndicaux, qui rappellent les origines de la journée du 1er mai, une grève ouvrière à Chicago en 1886 pour la journée de 8 heures, réprimée dans le sang, et l’histoire d’un mouvement ouvrier porteur d’un certain idéal.
L’absence du NPA Millau : un choix assumé
Absent de la manifestation millavoise, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) local a justifié sa décision dans un communiqué. Ses militants se sont rendus à Narbonne, où se tenait une contre-manifestation sociale et antifasciste organisée en réponse au grand meeting du Rassemblement National, programmé à l’Aréna avec la présence de Jordan Bardella et Marine Le Pen, cette dernière récemment condamnée à cinq ans d’inéligibilité et quatre ans de prison, dont deux fermes, pour détournement de fonds publics.
Le NPA Millau explique vouloir s’opposer « aux fascistes là où ils paradent en terrain conquis », dénonçant la montée de l’extrême droite dans l’Aude, ancien bastion de gauche. Il appelle à la construction d’un projet de société solidaire, et fustige le RN, « ennemi des droits des travailleurs », accusé de vouloir revenir à un syndicalisme corporatiste hérité des régimes autoritaires du XXe siècle. Pour le NPA, le 1er mai doit rester la journée des luttes sociales, et non devenir « la fête du Travail » telle que voulue par Pétain et reprise aujourd’hui par l’extrême droite.
Un 1er mai fidèle à ses valeurs
Malgré une participation moyenne par rapport à d’autres années, les rassemblements du 1er mai 2025 en Aveyron ont permis aux syndicats et à leurs soutiens de réaffirmer leurs engagements pour un monde plus juste, plus solidaire et débarrassé des logiques de guerre et de division. À Millau, comme ailleurs, les intervenants ont tenu à rappeler que la solidarité entre les peuples, la défense des droits sociaux et le rejet de l’extrême droite restent au cœur de leurs combats syndicaux.












