Le printemps n’a pas ramené la sérénité du côté du Parc des Sports de Millau. Au contraire, les remous continuent de secouer le SOM Rugby, pourtant sauvé in extremis de la relégation en Fédérale 3.
Après une saison sportive compliquée, marquée par une relégation sur le terrain de l’équipe fanion dirigée par Baptiste Majorel, l’espoir d’un épilogue paisible s’était dessiné avec le maintien administratif du club en Fédérale 2, obtenu grâce à des déboires d’autres clubs. Le tableau s’annonçait même réjouissant avec les qualifications en phases finales de l’équipe B, des seniors féminines et des U18. Mais c’était sans compter sur un enchaînement de décisions et de réactions qui ont plongé le club dans une crise ouverte.
Un staff écarté, des tensions ravivées
Tout s’accélère le vendredi 2 mai. Les présidents Laurent Tabutin et Luc Donnadieu, reconduits à l’unanimité par le comité directeur quelques jours plus tôt malgré leur volonté initiale de démissionner, annoncent au staff de l’équipe première que Baptiste Majorel ne sera pas reconduit pour la saison prochaine. Cette décision, pourtant acceptée avec dignité par l’intéressé – « Baptiste a envoyé des messages de soutien, il a même dit qu’il serait au stade l’an prochain », confie un membre du comité directeur –, met le feu aux poudres.
Certains joueurs expriment alors leur désaccord sur les réseaux sociaux, parfois avec véhémence. Des mots forts, jugés blessants, qui poussent les deux présidents à confirmer leur démission, cette fois de manière définitive. Dans leur sillage, trois membres du comité directeur, solidaires, jettent également l’éponge.
Un club sans capitaine, en quête de dialogue
« On se retrouve sans staff et sans présidents », résume lucidement un membre du comité directeur. Dans cette zone de turbulences, la priorité est claire : calmer les esprits, restaurer le dialogue. « On va essayer de jouer l’apaisement, en mettant notamment des joueurs emblématiques dans la boucle. Il faut arrêter les conneries et stopper l’hémorragie », martèle-t-il, tout en appelant chacun à « rester à sa place ».
Le comité directeur pointe du doigt un problème de communication interne plus qu’un désaccord de fond. Car au-delà des émotions et des malentendus, une vérité reste partagée : l’attachement au club. Une réunion exceptionnelle est d’ores et déjà prévue pour le vendredi 9 mai, avec l’ambition de réunir tous les acteurs – présidents démissionnaires, dirigeants, joueurs, éducateurs, bénévoles – autour d’une table pour sauver ce qui peut (et doit) l’être.
Un socle solide malgré la crise
Car le SOM Rugby, c’est bien plus qu’une équipe première. C’est une famille de 300 licenciés, un club structuré avec six salariés, et surtout un projet construit patiemment depuis plus de 20 ans autour de la formation des jeunes et de leurs encadrants. C’est cette base, cet ADN, que le comité directeur veut préserver à tout prix.
« Ce que l’on a construit depuis deux décennies ne doit pas s’effondrer à cause de malentendus ou d’égo blessés. Il est temps de prendre du recul, de rappeler chacun à ses devoirs et à ses responsabilités », plaide un dirigeant.
Dans la tourmente, un espoir demeure : celui de voir le club se ressouder autour de ses valeurs, et transformer cette crise en opportunité pour repartir sur des bases plus solides, plus claires. Le SOM Rugby vacille, mais il est loin d’être à terre.


