L’association des Riverains du Tarn et de la Dourbie a réuni son bureau le lundi 5 mai en invitant la presse. Au programme un point sur son actualité, un coup de gueule, et quelques coups de griffes, et des rendez-vous annoncés.
Visite de sinistrés, travaux parlementaires : une actualité chargée
Au mois d’avril, Didier Martinez (président pour la 18e année) et trois autres membres ont fait le long déplacement dans le Pas-de-Calais (62), à Hucqueliers, village sinistré en 2023. Là, l’UNALCI (Union Nationale des Associations de Lutte Contre les Inondations, NDLR) y tenait son assemblée générale annuelle.
Rencontres et échanges avec les victimes, les élus, les forces d’intervention, leur témoignage rempli d’humanisme et de compassion a ravivé les souvenirs millavois de 1982.
Surtout, ils ont été marqués par l’accueil reçu d’une communauté qui a fait corps pendant et depuis la tempête, et qui en témoigne aujourd’hui et inspire l’association dans ses actions à venir autour de trois enjeux fondamentaux :
- L’évidence de la fréquence récurrente des aléas climatiques,
- la culture du risque à transmettre,
- les aménagements urbains adaptés.
En découle une nécessité de plus consulter les associations locales de la part des élus en place.
En outre, l’association participe activement avec l’UNALCI aux travaux de parlementaires qui interviennent sur le sujet des inondations pour soutenir les élus, proposer de pouvoir réaliser des curetages au milieu du lit de rivières pour en recycler les matériaux ou encore sur le sujet des indemnisations de victimes. C’est le cas avec le député Fait (du Pas de Calais) et le sénateur Rapin.

Constructions en zone inondable : le coup de gueule du président Didier Martinez
Didier Martinez n’est pas content et veut le faire savoir, « on ne retient pas les erreurs du passé. » Dans sa mire, le Syndicat Mixte du Bassin Versant Tarn Amont (SMBVTA), Aveyron Habitat et les services d’urbanisme des collectivités locales.

« Sur les travaux du ruisseau de Ladoux, nous serons très attentifs, car c’est nous qui avons soulevé le lièvre depuis des années, les riverains sont venus vers nous pour les défendre et les représenter. Pas question de proposer des enrochements partout qui ne feront qu’accélérer le cours d’eau en cas de crue. »

« Au sujet du projet d’Aveyron Habitat sur le quai Sully Chaliès, on ne comprend même pas pourquoi un permis de construire pour un immeuble de quatre étages peut encore être accepté dans cette zone-là. Pourquoi ne pas faire des parkings, ou des jardins, comme avant. Et avec tous les projets immobiliers qu’il y a à Millau, les gens peuvent aller vivre à un autre endroit que là en zone inondable, surtout pour 12 logements. » Et encore : « selon les études, avec une crue identique à celle de 1982 et les aménagements réalisés depuis, il y aurait 60 cm d’eau à Millau sur les quais ! »
Précisons que ce projet en cours fait l’objet d’un recours contestant le permis de construire. « Ce n’est pas parce que Millau est une plus grande ville que celles des sinistrés que nous avons visités, que l’ont doit y faire n’importe quoi. »
Perspectives : communication et influence
L’avenir de l’association des riverains sera tout aussi actif. Au-delà des travaux de commission avec l’UNALCI, dès la rentrée ils seront présents au forum des associations pour donner de l’information aux nouveaux arrivants et aux habitants qui emménagent en zone inondable.
Ils interviendront également dans les écoles millavoises en octobre pour transmettre la culture du risque en rappelant le danger des crues et les comportements à tenir en cas de crue. L’exercice annuel de simulation sera renouvelé, il est maintenant « rodé » et a même connu des répliques réussies à Mende et Cahors.
Enfin, l’association rédigera un questionnaire de dix questions qui sera transmis aux futurs candidats à la mairie de Millau. Ce afin qu’ils s’engagent sur différents sujets, charge à eux de s’assurer que leurs engagements sont tenus.
Continuer activement avec un groupe de bénévoles convaincus de leur action, nombreux ayant eux-mêmes vécu les inondations, c’est le leitmotiv de Didier Martinez. « Méfiez-vous de l’eau qui dort. Nous sommes plus motivés que jamais, nous avons besoin de plus de dialogues avec les élus. Les gens oublient et ne croient plus que cela peut arriver. On est là pour leur montrer que le danger est toujours bien présent. »



