Il n’avait jamais vraiment tourné la page. Thierry Perez est de retour à la présidence du SOM Rugby, club qu’il connaît sur le bout des doigts, et qu’il n’a jamais vraiment quitté des yeux. Officiellement nommé ce mardi 9 juillet, il revient aux affaires avec l’ambition de redonner un cap et un souffle au rugby millavois. Et derrière cette nomination, c’est tout un pan de l’histoire rugbystique et politique locale qui ressurgit.
Le choix de l’expérience
À 63 ans, Thierry Perez est une figure familière du paysage sportif millavois. Président du SOM Rugby entre 2014 et 2020, il avait passé la main après son élection au conseil municipal, préférant alors se consacrer à ses nouvelles responsabilités publiques. Mais il était resté présent dans l’ombre, membre actif du comité directeur. Son retour à la présidence ne tient pas du hasard : il répond à un besoin urgent de stabilité, de méthode, et de vision.
Aux côtés d’Arnaud Vercruysse, nouvel homme fort du sportif, Thierry Perez forme un binôme complémentaire. Le premier apporte l’expertise du terrain, le second, celle des coulisses. Ensemble, ils veulent recréer de la cohérence au sein du club, retisser les liens parfois distendus, et surtout, rallumer « la flamme », selon l’expression employée par les deux hommes.
Un parcours marqué par Montpellier
Mais Thierry Perez, c’est aussi une stature nationale. Président du Montpellier Hérault Rugby pendant douze années (1998-2010), il a contribué à l’ascension fulgurante du club héraultais, menant les Montpelliérains de la deuxième division jusqu’au Top 14, puis à leurs premières aventures européennes. On se souvient notamment du titre de champion de Pro D2 décroché en 2003, après une victoire épique face à Tarbes, ou encore du Bouclier européen conquis en 2004 contre Viadana.
Homme de dossiers et de réseaux, il a su imposer Montpellier comme un acteur incontournable du rugby professionnel. Il y fait venir de grandes figures, à commencer par Fabien Galthié, recruté en 2010 pour diriger l’équipe. Mais son parcours est aussi marqué par les tensions politiques locales. Gendre d’André Vézinhet, il est finalement contraint à la démission en 2010 sous la pression de Georges Frêche, alors président de la Région. Une sortie brutale qui n’efface rien de son bilan, et qui souligne au contraire sa ténacité dans les environnements complexes.
Le lien fort avec Millau
C’est justement cette ténacité que beaucoup espèrent retrouver au SOM Rugby. À Millau, Thierry Perez n’est pas qu’un dirigeant : c’est un enfant du territoire. Élu conseiller municipal de Nant en 2014, attaché à sa maison familiale, il entretient un lien profond avec le Sud-Aveyron. En 2020, il entre au conseil municipal de Millau, sur la liste d’Emmanuelle Gazel, dont il devient le premier adjoint après la victoire serrée du second tour.
Chargé du développement économique, il est aussi élu 3e vice-président de la Communauté de communes Millau Grands Causses. En 2022, préoccupé par sa santé, il choisit de prendre du recul et devient 7e adjoint, toujours en charge de l’économie. Un poste qu’il occupe avec discrétion, fidèle à son pragmatisme.
Un homme, une femme, un engagement
Dans l’ombre de ce retour, il y a aussi le soutien d’un pilier discret : son épouse, Véronique Perez. Ancienne élue à la mairie de Montpellier de 2014 à 2020, elle est la fille d’André Vézinhet, ancien président du conseil général de l’Hérault. Une famille engagée, profondément ancrée dans la vie publique. Dans ce couple, le service de l’intérêt général semble une vocation partagée.
Le retour de Thierry Perez n’a rien d’un simple passage de témoin. C’est une nouvelle séquence, un acte de foi pour un club qu’il veut plus structuré, plus ambitieux, plus ancré dans son territoire. La tâche est immense, mais l’homme a déjà prouvé qu’il savait bâtir. Avec Arnaud Vercruysse, il veut fédérer tous les amoureux du maillot rouge et jaune, et redonner envie. Celle de venir au stade, celle de s’engager, celle de croire en un projet collectif.


