Suppressions d’éléments patrimoniaux, choix esthétiques contestables, vente d’un mobilier historique, disparition progressive des symboles de l’identité locale… Dans cette tribune acérée, Me Jean-Louis Esperce dénonce une série de gestes qui, selon lui, tournent le dos à l’Histoire et à l’âme de la ville.
« Je pensais, mais manifestement je me suis trompé, que l’équipe municipale, après un certain nombre de décisions contestables, voire très contestables, aurait atteint l’âge de raison.
C’est ainsi que l’on a vu disparaître, insidieusement, dans la communication municipale le blason de la ville pourtant classée « Ville d’Art et d’Histoire » au profit d’un « M » auquel pour quelques milliers d’euros on a ajouté une petite barre. À l’origine, sur mon interpellation, Madame la Maire avait répondu que ce logo était à « usage interne » ! Il doit être contagieux, car il s’est répandu partout. Il a l’inconvénient de n’avoir rien d’exclusif et surtout de faire oublier que la Ville a vingt siècles d’Histoire.
Toujours dans le domaine esthétique il a été décidé de supprimer la fontaine des halles remplacée par deux bancs qui se font face comme des serre-livres sur une cheminée. Cela n’a rien d’esthétique. Ce que certains ont construit ceux qui suivent démolissent. Tout cela a un coût. C’est l’argent du contribuable. En parlant de bancs publics, il y a ceux qui ont coûté très cher, car venus de Hollande (c’est peut-être pour les socialistes la nostalgie du nom qui a été à l’origine de ce choix très coûteux).
Ces bancs ont la particularité, pour certains, d’offrir en perspective la vue du mur de l’immeuble devant lequel ils sont implantés. De la même façon, on a vendu à un antiquaire de Montauban pour une bouchée de pain les tables à dessus en granit qui figuraient dans la salle de réception.
S’il fallait s’en débarrasser pourquoi ne pas les avoir proposées aux plus offrants des Millavois ? Il semble dans ce domaine que l’on ait échappé au pire, car le bruit avait couru selon lequel on envisageait de faire disparaître les lambris en chêne qui couvrent les murs de cette salle.
Un crime esthétique que rien ne pourrait justifier, une atteinte à un patrimoine qui fait partie de l’Histoire de la Ville. Mais le savent-ils ? Il fut un temps où toutes les lettres expédiées par la Poste portaient une flamme avec la mention « Millau ses gants, ses meubles » !
Je pensais que l’on en avait fini avec ces bêtises. Que nenni ! Sur le boulevard extérieur réalisé par la mandature précédente, figure en grandes lettres blanches le mot « Millau » pour accueil de ceux qui n’utilisent pas le viaduc. Ce serait parfait si on n’était pas allé ajouter une espèce de dièse rouge et surtout au-dessus un mot étranger, dont on se demande ce qu’il vient faire là. « AMORE » !
A-t-on des soucis de cœur dans cette mairie à qui il faut rappeler que la langue est le ciment d’une nation et de son peuple. En Français s’il vous plait !
Me Jean-Louis ESPERCE
Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au média Millavois.com et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.


