Alors que Millau s’apprête à perdre la licence professionnelle dédiée aux services sportifs, touristiques et de loisirs, le silence des responsables politiques actuels interroge Christelle Sudres Baltrons qui livre ici un regard engagé sur ce qu’elle considère comme une abdication face à un enjeu stratégique pour le territoire.
« Il fut un temps, pas si lointain, certains criaient à l’abandon dès qu’une décision difficile était prise pour l’enseignement supérieur à Millau. Lorsque j’étais en responsabilité, j’ai dû, avec regret, mais lucidité, acter la fermeture du DUT Infocom. Cette décision, douloureuse, mais nécessaire au vu du contexte, avait suscité une vague d’indignation dans les rangs de l’opposition municipale de l’époque. On m’accusait alors de ne pas faire assez, de ne pas me battre, de laisser mourir l’avenir de la jeunesse millavoise.
Parmi les plus virulents, une élue aujourd’hui maire de Millau. Mieux encore : entre-temps, cette élue est devenue vice-présidente de la Région Occitanie en charge de la formation, aux côtés de Carole Delga, et siège toujours comme conseillère régionale. Autant dire qu’elle dispose de leviers concrets, d’un réseau solide, d’une capacité d’action bien supérieure à celle que j’avais à l’époque en tant qu’élue locale.
Et pourtant… silence.
Alors que la licence professionnelle « sur l’ingénierie du développement touristique par les loisirs et sports de pleine nature » en place depuis 18 ans sur notre territoire et dispensée par l’université Jean François Champollion est aujourd’hui menacée de fermeture à Millau, cette même élue semble étrangement absente du débat. Pas d’intervention forte, pas de mobilisation, pas de stratégie claire pour défendre cette formation pourtant en parfaite adéquation avec le territoire, son tissu associatif, son attractivité touristique et son identité sportive.
Située au cœur du Parc naturel régional des Grands Causses, Millau offre un cadre exceptionnel qui allie qualité de vie, dynamisme local et richesse environnementale. Cette géographie unique constitue un terrain d’étude idéal, notamment dans les domaines liés au tourisme durable, à l’aménagement du territoire, à l’environnement ou encore à l’économie de proximité.
Où est passée l’indignation ? Où est le courage politique qu’on me réclamait alors avec tant d’énergie ?
Je n’ai jamais prétendu que l’action publique était facile. Je sais ce que cela coûte de devoir dire non. Mais ce qui est inacceptable, c’est de se poser en donneur de leçons quand on est dans l’opposition, et de se faire discret quand on a tous les outils pour agir.
Ce double discours ne trompe personne : « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Voilà ce qu’est devenue la ligne politique actuelle sur ce sujet essentiel.
Aujourd’hui, il est temps d’agir, pas de fuir. Il est encore temps de sauver ce qui peut l’être. À condition de se battre réellement. Et pas uniquement quand cela permet de briller dans les tribunes ».
Christelle Sudres Baltrons,
membre du bureau Millau en Action
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