Après la venue début juillet du président de la République Emmanuel Macron, venu honorer sa promesse faite lors du Salon de l’Agriculture 2025 en célébrant les 100 ans de l’AOP Roquefort, puis celle, plus récente, de Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, c’est Rachida Dati, ministre de la Culture, qui a sillonné ce mardi 29 juillet 2025 le territoire aveyronnais.
Elle a entamé son déplacement par une visite de l’Abbaye de Sylvanès, afin de valoriser les Centres culturels de rencontre, avant de rejoindre Millau en début d’après-midi pour deux étapes dédiées à un joyau du patrimoine local : la ganterie. Ces visites s’inscrivent dans le cadre de la candidature des savoir-faire liés à la ganterie millavoise à une inscription au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, conformément à la convention de 2003.
Déjà inscrits sur cette prestigieuse liste depuis 2011, les Causses et Cévennes, reconnus comme « paysage culturel de l’agropastoralisme méditerranéen », pourraient être rejoints par ce savoir-faire artisanal unique, porté par l’association de Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel du Pays de Millau (SPCIPM). À l’origine de cette initiative : Nadia Bédard, directrice de la candidature, et Olivier Fabre, président de l’association, qui ont accueilli la Ministre dès 13h dans la cité du gant.

La première visite a eu lieu en centre-ville, au sein de la ganterie Fabre, maison emblématique du savoir-faire millavois. Aux côtés de représentants des autres maisons de ganterie de la région, la ministre a découvert les étapes minutieuses de fabrication de ces gants prisés dans le monde entier, portés notamment par la Première dame de France ou encore la chanteuse Beyoncé.
La délégation s’est ensuite rendue sur les hauteurs de Millau, à la bergerie de Martinerie, dans le hameau du même nom. Accueillie en musique et par la famille Cassan, exploitant agricole de cette ferme, Rachida Dati a été plongée dans l’univers de l’agropastoralisme, de la transformation des matières premières et de la maîtrise des gestes hérités de générations.

C’est dans ce cadre que la ministre a prononcé son second discours de la journée, à l’occasion du bilan à un an du Plan Culture et Ruralité, qui vise à renforcer l’accès à la culture dans les territoires ruraux. Avant son intervention, Olivier Fabre a rappelé, avec conviction, l’importance de cette candidature à l’UNESCO et a sollicité une nouvelle fois le soutien officiel de l’État pour que le dossier soit retenu dans le cycle d’inscription au Patrimoine mondial immatériel. Il a salué une « union sacrée entre artisans et paysans » pour « valoriser notre territoire et nos savoir-faire ».
Dans un discours chaleureux, souvent détaché de ses notes, Rachida Dati a souligné « l’importance de préserver et transmettre ces savoir-faire, notamment auprès des jeunes générations », très présentes lors de cette journée. Elle a rappelé que son action au ministère de la Culture s’inscrit dans une volonté de « lutter contre les déserts culturels », une ambition qui, selon elle, « reflète l’ADN des racines françaises ». Elle a également exprimé sa détermination à « maintenir un budget culturel ambitieux pour l’année 2026, malgré les tensions liées à l’annonce du projet de loi de finances et les revendications des ménages et acteurs nationaux ainsi que locaux ».

En revanche, la ministre n’a pas souhaité répondre aux questions d’ordre politique posées par les médias présents, qu’il s’agisse de l’affaire Carlos Ghosn ou de la législative partielle à Paris, pour laquelle elle n’a pas obtenu l’investiture de son parti, Les Républicains (LR).
Elle conclut son discours par un message fort adressé à Nadia Bédard et Olivier Fabre, en déclarant : « Si on n’y renonce pas, ça arrive vite ! »
La visite s’est terminée dans une ambiance conviviale autour d’un buffet 100 % aveyronnais, avant que la ministre ne prenne la route pour Rodez pour procéder à l’installation officielle de Nicole Belloubet, ancienne ministre de l’Éducation nationale, à la présidence du musée Soulages, puis a signé une convention au palais épiscopal avec le président du Conseil départemental, Arnaud Viala.
Lohan Alauzet














