Il y a 81 ans, Millau se libérait du joug allemand. Comme chaque 22 août, les autorités, élus et anciens combattants se sont réunis devant la stèle du parc de la Victoire pour la commémoration annuelle.
En maitre de cérémonie, Michel Durand, élu municipal aux anciens combattants, a rappelé le courage de ceux qui se sont opposés à la barbarie nazie, « Aujourd’hui, nous rendons hommage à tous ces combattants, de l’ombre comme de la lumière. À ces héros qui ont choisi l’action plutôt que la résignation comme à toutes les victimes innocentes de la folie nazie. »

Puis il a souligné l’importance de faire perdurer aujourd’hui les valeurs de ce combat : « la planète ne compte plus aujourd’hui que 25 démocraties à part entière, qui ne gouvernent que 6,6 % de la population mondiale contre 12,5 % en 2014, pour 96 régimes autoritaires, pendant que le Comité international de la Croix-Rouge dénombre plus de 130 conflits actifs dans le monde, soit six fois plus qu’en l’an 2000. Dans ce contexte, où certains s’enferment dans une fuite en avant guerrière qui compromet toute perspective de paix au Proche-Orient, pendant que d’autres déroulent le tapis rouge à des puissances qui foulent aux pieds la souveraineté des peuples voisins, il est bon de rappeler que, dans les deux cas, les dirigeants concernés sont aujourd’hui visés par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale. C’est pourquoi l’Europe ne peut rester spectatrice et doit montrer sa détermination et son unité. Et notre Nation, pour reprendre les mots du général de Gaulle dans son discours de l’Hôtel de Ville le 25 août 1944, se doit de faire vivre ce “pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ».

C’est ensuite Juliette Beregi, sous-préfète de l’arrondissement de Millau, qui s’est exprimée.
« Cette victoire nous la devons à un ensemble d’hommes et de femmes qui se sont levés contre l’oppression : les résistants de France, ceux des maquis qui ont tenu ce pays contre l’occupant, mettant à profit dans un combat audacieux et obstiné, leur fine connaissance de cette terre de gorges, de raspes, de forêts denses et noires et de pâtures à perte de vue. Rendons hommage ensemble au courage de ces hommes et de ces femmes auxquels nous devons notre liberté. »
La représentante de l’État a elle aussi fait un parallèle avec la situation actuelle : « nous sommes désormais en 2025, et la guerre frappe de nouveau le continent européen depuis plus de trois années. C’est pourquoi il nous faut aujourd’hui ne rien céder de notre liberté face aux ingérences étrangères qui utilisent les réseaux sociaux pour désorienter l’opinion publique, ou l’intelligence artificielle pour nous berner, ne rien céder de notre engagement pour l’égalité face à ceux qui voudraient nous imposer des modèles sociaux archaïques, ne rien céder, enfin, de notre valeur essentielle de fraternité en nous rappelant qu’en toutes circonstances, la seule question qu’il vaille de se poser c’est celle de Primo Levi : si c’est un homme”, parce que si c’est un homme, alors il est mon frère. »
La cérémonie s’est poursuivie avec un dépôt de gerbes, avant de se conclure par le salut des autorités aux anciens combattants.











