Ce mardi 26 août à 16h, l’aire de décollage des parapentes de la Puncho d’Agast, à Millau, accueillait un événement un peu particulier : le relâcher de deux jeunes vautours fauves soignés par le Centre Régional de Sauvegarde de la Faune Sauvage Caussenard, devant et un public venu en nombre admirer ce moment toujours un peu magique.




Premier lâché : le grand frisson
Le premier à voir sa porte s’ouvrir, c’est un jeune rescapé des falaises, un peu tête en l’air qui avait raté son baptême de l’air il y a quelques jours. Mais grâce aux soins attentionnés des bénévoles du centre — un menu riche en calories, du repos, et un peu de rééducation — le voilà prêt à retrouver les cieux.
À peine la cage entrouverte, il ne se fait pas prier : une secousse d’ailes, un bond élégant, et hop ! le grand rapace s’élève au-dessus de Millau, plane dans un silence majestueux, et disparaît bientôt au loin dans le bleu des Grands Causses. La scène arrache des « ohhh », des « waouh » et quelques frissons. Un instant suspendu, comme seule la nature sait en offrir.
Deuxième lâché : le spectacle… statique
Le deuxième vautour, lui, devait offrir un bis. Même histoire : jeune imprudent, échec de son premier vol, sauvetage en vallée. Mais son état était plus préoccupant : affaibli, dénutri, déshydraté. Soigné avec patience, il semblait, lui aussi, sur la voie de la guérison. Alors on tente.


La porte s’ouvre… et rien. Le vautour, sort, regarde. Puis regarde encore. Fait un petit tour sur lui-même. Prend la pose. Entame même une séance de toilettage. Visiblement, l’envie de voler n’était pas au rendez-vous. Ni la motivation. Ni l’élan.
Pendant plus d’une demi-heure, il est resté là, imperturbable, à prendre le soleil voilé de la Puncho, pendant que les bénévoles surveillaient la scène. Le public, lui, savourait ce moment de proximité inédite. Un vautour à quelques mètres, en train de se lisser les plumes ? C’est presque mieux qu’un envol… presque.
Finalement, les deux bénévoles ont dû se résoudre à le remettre dans sa cage. Il regagnera le centre, avec une nouvelle tentative prévue dès que les conditions météo — et son humeur — seront plus favorables.
Ce petit contretemps n’enlève rien à la beauté de l’événement, ni à l’importance du travail mené par le Centre de Sauvegarde. Chaque année, ils recueillent des centaines d’animaux sauvages en détresse, et leur offrent une seconde chance.









