Parmi les nombreux visages du bénévolat à Millau, celui de Jean-Paul Reverbel incarne avec une sincérité rare les valeurs de solidarité, d’humilité et de dévouement. Samedi 6 septembre 2025, lors du Forum des associations au Parc de la Victoire, c’est tout naturellement que ce « héros du quotidien », comme l’a qualifié la maire Emmanuelle Gazel, a reçu le coup de cœur solidarité. Un hommage chaleureux, sobrement accepté par celui qui préfère l’action discrète aux honneurs.
Un parcours ancré dans le territoire
Originaire de Vabres-l’Abbaye, Jean-Paul Reverbel a grandi à Saint-Affrique, avant de suivre un cursus scientifique à Toulouse. Une trajectoire académique solide, qui le mènera à une carrière dans le secteur de l’agroalimentaire, notamment au sein des caves de Roquefort.
Mais c’est moins son parcours professionnel que son engagement après la retraite qui a retenu l’attention des organisateurs du Forum. Au lieu de savourer un repos bien mérité, Jean-Paul a fait un autre choix : celui de consacrer son temps à ceux que la vie a malmenés.
Le bénévolat comme seconde vocation
C’est à la Croix-Rouge française de Millau que Jean-Paul Reverbel va trouver sa seconde vocation. D’abord simple bénévole, il s’investit rapidement avec sérieux et constance, jusqu’à occuper à deux reprises la coprésidence de l’antenne locale. Une fonction exigeante qu’il assumera avec ce mélange de bienveillance, de rigueur et d’écoute qui le caractérise.
Mais Jean-Paul ne s’arrête pas là. Il agit également au sein de plusieurs autres structures de solidarité : Trait d’Union, qui gère le Logis Millavois — résidence sociale pour personnes en difficulté —, la Banque Alimentaire, le CCAS ou encore la CORAFIN, réseau départemental de coordination des aides financières. Partout, son engagement est concret, pragmatique, tourné vers l’autre.

Une présence sur tous les fronts
Au-delà des instances et des réunions, Jean-Paul est sur le terrain. Il participe aux maraudes, va à la rencontre des personnes sans abri, aide à organiser les collectes, accompagne les bénéficiaires dans leurs démarches, forme les nouveaux bénévoles. À l’image de ces milliers de gestes invisibles qui composent le quotidien des associations caritatives, son action est humble, mais essentielle.
Dans un discours aussi modeste que sincère, Jean-Paul Reverbel a tenu à partager la reconnaissance reçue : « Je ne serais pas là si je n’avais pas été entouré par de nombreux bénévoles […] avec qui je partage ce coup de cœur. »
Il a également eu une pensée émue pour deux figures de la Croix-Rouge aujourd’hui disparues, Michel Pons et Bernard, ainsi que pour tous les bénéficiaires qu’il a rencontrés au fil des années : des personnes isolées, des familles en détresse, qui lui ont « beaucoup apporté » et qui, dit-il, l’aident à continuer. Car dans l’engagement de Jean-Paul Reverbel, il y a une réciprocité. Donner, oui. Mais recevoir aussi : des sourires, des leçons de vie, une humanité brute et précieuse.
Un modèle de constance
Au Forum des associations, dans une atmosphère de fête et d’échanges, ce moment d’hommage fut l’un des plus forts. En saluant le parcours de Jean-Paul, c’est toute une conception du bénévolat qui a été mise en lumière : celle d’un engagement quotidien, discret, tenace, porté par une foi simple dans l’entraide et la dignité humaine.
À l’heure où les solidarités sont mises à rude épreuve, Jean-Paul Reverbel nous rappelle qu’il existe encore des hommes dont la générosité n’a pas d’autre but que de faire du bien autour d’eux, sans bruit et sans attente. Et c’est sans doute cela, le plus bel exemple.


