Millau. Le NPA dénonce une « attaque politique » contre Nicolas Bestard

Fanny Alméras
Lecture 7 min.

Le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) affiche son soutien à son militant Nicolas Bestard dans l’affaire qui l’oppose désormais à Serge Sécail membre du PS et président de l’association Grands Causses Bénévolat, depuis leur altercation au Forum des associations..

À l’occasion d’une conférence de presse organisée place de La Capelle à Millau lundi 8 septembre en fin d’après-midi, le parti millavois a clairement affiché son soutien et sa colère.

Rappel des faits

Le samedi 6 septembre, vers 8h30, une altercation a éclaté à l’entrée du parc de la Victoire à Millau, entre Serge Sécail, président de l’association « Grands Causses Bénévolat » organisatrice du Forum des associations, et mebre du PS local, et Nicolas Bestard, militant de l’Union syndicale Solidaires et militant du NPA.

Chacun livre une version des faits, Serge Sécail affirme avoir été agressé alors qu’il tentait de faire cesser une distribution de tracts, tandis que Nicolas Bestard assure avoir été attaqué alors qu’il exerçait son droit syndical dans la rue. Les deux hommes ont déposé plainte.

L’affaire qui aurait pu rester dans l’intimité d’un début de matinée au parc de la Victoire a été rendue publique par Nicolas Bestard et prend aujourd’hui une dimension plus politique, « derrière le syndicaliste c’est aussi le militant politique qui était ciblé et visé, car les amalgames sont rapides et faciles et surtout très automatiques » déclare en début de conférence Nicolas Bestard.

Si la défense de la liberté d’expression et du droit syndical ont été au cœur des discours, la fracture entre le PS et le NPA est réelle et la tension bien palpable. L’homme est d’abord revenu sur les faits du 6 septembre et a livré à nouveau sa version des faits, allant jusqu’à mimer l’altercation.

« J’étais au Forum des associations devant à l’entrée pour mon syndicat asso Solidaires qui est le syndicat du secteur associatif. Donc a priori je n’étais pas à la mauvaise place ni là par hasard ni illégitime pour être là. J’avais ça sur moi, explique Nicolas Bestard, en affichant sur sa poitrine l’autocollant du syndicat, c’était pas compliqué de pas se tromper sur ce que je représentais. Le Forum n’est pas un lieu pour faire de la politique, mais il y avait monsieur Saint-Pierre, monsieur Ramondenc, madame Gazel… ça ne me pose aucun problème, je les considère légitimes et ils font ce qu’ils veulent. La question que j’ai à poser c’est, est-ce-que le PS considère que certains ont plus de droits que d’autres ? Serge Sécail a une vision binaire, soit on est avec lui soit on est contre lui », peste Nicolas Bestard.

Le NPA, « ennemi à abattre »

Pour le parti qui se bat « pour la liberté démocratique », soutien total à son militant. Iñaki Aranceta a souhaité revenir sur un épisode qui aurait eu lieu pendant la création du « Front populaire » en 2024 au cours d’une réunion d’information organisée devant la sous-préfecture en 2024 le même jour que le Forum des associations. « On avait fait tirer des tracts chez Sécail (Repro service) et on avait après distribué des tracts dans le parc de la Victoire. Serge Sécail était aussi venu comme un furieux nous dire de dégager, mais ça n’avait pas marché avec nous », rappelle le militant qui accuse le président de l’association d’être dans une posture provocatrice et de victimisation. « Samedi, après cette histoire, on a fini par se rencontrer au Forum, il nous a traités de tout, on a vraiment senti qu’il voulait qu’on le pousse ou qu’on l’insulte… on n’est pas tombé là dedans. Et quand il dit qu’il a 77 ans, on dirait qu’on a tapé un invalide, Serge Sécail c’est quand même un ancien joueur de rugby en pleine forme, et c’est loin d’être un gars tranquille, c’est un mec qui a le sang chaud ! » a déclaré Iñaki Aranceta, avant d’ajouter :

« Le NPA ne sera plus berné par le PS. Il n’est clairement pas dans le même camp social que nous. On ne parle plus de gauche et de droite, on ne lutte pas sur le même terrain. Les revendications qu’ils défendaient, la retraite à 60 ans, l’immigration, etc., aujourd’hui c’est nous qui les défendons et ils nous traitent de terroristes, d’extrémistes… Sur la position pour la Palestine, c’est exactement pareil, le Ps nous a déclarés ennemi à abattre. À Millau, on arrive à parler avec toutes les forces politiques sauf l’extrême droite parce qu’on ne veut pas, mais jamais de la vie on ne s’est fait agresser à Millau par l’extrême droite ou par la Droite. On se fait agresser par le PS ! », parti que le chef de file du NPA accuse de les museler régulièrement.

« Quand le gars a été tué à la mosquée dans l’Hérault, il y a eu un hommage à la mairie de Millau. On était dans le comité antifasciste de Millau composé par des citoyens, on a sorti une banderole Tous contre le fascisme et le racisme, la maire de Millau et le chef de cabinet sont venus pour nous la faire enlever en nous disant, ici on fait pas la politique. Alors on fait quoi madame ? On prend la parole et on fait une annonce publique pour se faire bien voir et quand les gens du peuple se positionnent, on peut pas le faire ?, peste Inaki Arenceta contre la municipalité.

« C’était déjà un affrontement idéologique qu’on a eu avec eux et ça arrivera de plus en plus car ils se rapprochent de plus en plus de la Droite », a déploré le chef de file du NPA.

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