Baromètre des villes cyclables : du mieux pour Millau, mais la sécurité pointée du doigt

Philippe Ollivier
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© Millavois.com

Le baromètre de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) a rendu son verdict jeudi soir : le ressenti global de la circulation à vélo à Millau progresse par rapport à la précédente enquête (2021), mais il reste des marges de progression en matière de sécurité et de confort.

Cette enquête nationale s’est déroulée, comme les précédentes, sur le principe de la participation volontaire des internautes. Globalement, le sentiment de satisfaction est en hausse par rapport à 2021 et situe désormais la ville à 5 sur une échelle de 8. Les efforts de la municipalité pour aménager et faciliter la circulation à vélo ainsi que le stationnement ont été reconnus. Il demeure cependant des points d’insécurité régulièrement signalés.

Grands axes : danger au guidon

Les principales zones de danger relevées sont, sans surprise, les grands axes où vélos et voitures cohabitent difficilement : boulevard Saint-Antoine / boulevard Richard, rue Louis-Blanc, avenue de Calès sur presque toute sa longueur, pont Lerouge, boulevard de l’Ayrolle, rue de la Croix-Vieille, place du Mandarous, boulevard de Bonald / place de la Capelle, carrefour du pont de Cureplat, avenue de la République dans sa première partie, avenue Jean-Jaurès sur toute sa longueur, y compris le rond-point du stade.

Néanmoins, il a été noté une nette amélioration de la circulation sur le pont de Cureplat depuis la création d’une véritable piste cyclable protégée. Si une zone devait être prioritaire en matière d’amélioration, ce serait la place du Mandarous.

Les usagers ont aussi souligné l’amélioration de leur sécurité et de leur confort le long des quais du Tarn et dans le centre ancien… autant d’endroits où la circulation automobile est quasi inexistante.

On le savait, et c’est confirmé

Ces résultats confirment ce que chacun ressent au quotidien, piétons, cyclistes comme automobilistes. Des aménagements de sécurité (signalétique en particulier) restent à réaliser sur les axes principaux : les récents accidents sur l’avenue de l’Europe en sont une illustration.

De même, la bonne note attribuée au pont de Cureplat et aux quais tend à démontrer que les équipements en dur sont la solution idéale pour favoriser l’usage du vélo sans risque et fluidifier la circulation automobile.


Emmanuelle Gazel : « Maintenant, on vise le A »

La maire de Millau s’est félicitée de la progression de la ville dans le baromètre de la FUB : « Il reste du travail à faire avant d’atteindre le A, qui est notre objectif dans quatre ans. »

• Dans l’optique d’un futur mandat, quels sont les nouveaux axes cyclables identifiés ?
« Notre volonté, c’est l’axe Millau–Aguessac–Le Rozier. Nous rencontrons régulièrement la SNCF à ce sujet. Nous avançons très doucement mais nous ne lâchons rien… À Millau, nous maillons la ville pour identifier de nouveaux itinéraires plus particulièrement dédiés aux cyclistes, moins fréquentés par les véhicules. À court terme, nous allons renforcer la sécurité des mobilités douces dans le partage des espaces, avec l’extension des zones 30 km/h et différents aménagements pour réduire techniquement la vitesse des véhicules, et donc les risques d’accident, comme nos enquêtes l’ont montré. »

• La carte de la FUB montre cependant des risques accrus sur les grands axes, en particulier les avenues de la République et Jean-Jaurès. Pourrait-on envisager des aménagements protégés spécifiques aux vélos comme à Cureplat ?
« La largeur des boulevards et avenues ne le permet pas. C’est pour cette raison que nous mettrons en place des itinéraires de contournement, moins fréquentés. Par exemple, pour éviter l’avenue Jean-Jaurès, nous réfléchissons à un passage par la rue de l’Égalité. J’insiste sur la nécessité du respect de la limitation à 30 km/h, qui est la base de la réussite du partage des espaces urbains. Mais chaque fois que nous pouvons le faire, les aménagements cyclables en dur restent l’idéal. »

• Quelle est votre urgence ?
« Millau–Aguessac. Les chantiers sur Millau sont en grande partie réalisés, et nous mesurons chez les usagers une prise de conscience du partage de l’espace. Maintenant, à court terme, il reste à matérialiser cet itinéraire urbain. Cela devrait être fait dans les semaines qui viennent. »


Ni une étude, ni un sondage

Réalisé par internet et sans contrôle — il était possible de voter plusieurs fois — ce baromètre de la FUB ne prétend pas être autre chose qu’un indicateur du ressenti des usagers sur les politiques urbaines. Le nombre de réponses a été faible (un peu plus de 200), souvent émanant de groupes militants selon plusieurs témoignages. Cela précisé, il présente un tableau réaliste des problèmes et encourage les élus à poursuivre, améliorer ou corriger leurs initiatives.

Philippe Ollivier

Toute l’enquête : www.fub.fr/barometrevelo2025

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