Une vingtaine de personnes ont participé jeudi 23 octobre, au CRÉA, à la première réunion publique du collectif « L’Ami du Peuple Constituant », qui souhaite faire émerger une liste citoyenne pour les élections municipales de 2026 à Millau.
Ils étaient un peu plus de vingt-cinq à avoir répondu à l’appel du collectif lancé sur les réseaux sociaux, « L’Ami du Peuple Constituant », initié par Paule, Rémy, Philippe et Claude. Tous partagent la même conviction, Il est nécessaire de « repenser la politique locale pour redonner la parole et le pouvoir de décision aux citoyens ».
« Nous vivons dans une démocratie représentative qui ne représente plus personne », résume Rémy, l’un des initiateurs du projet. « À partir du moment où l’on élit quelqu’un, on lui délègue tout pouvoir, sans contrôle. Ce qu’on veut, c’est inverser ce rapport, que ce soit la population qui décide, par référendum, des projets à mettre en œuvre. »
Une démarche « apartisane »
Le collectif, né dans le sillage des mouvements citoyens et constituants, souhaite créer une « liste municipale citoyenne apartisane », fondée sur la démocratie directe. Loin des partis politiques traditionnels, l’idée est de réunir des habitants de tous horizons autour d’un même objectif : redonner au peuple la souveraineté locale.
Lors de cette première réunion, chacun a pris la parole pour se présenter et exprimer ses attentes. Des participants issus de divers horizons politiques, écologistes, élue et ancienne élue, sympathisants de la France insoumise… ont aussi pris part à la discussion, tout en saluant la volonté du collectif d’éviter toute récupération partisane. Certains, anciens élus « vaccinés des partis », sont venus « par curiosité et pour, voir ce qui pouvait être proposé pour Millau à part la même soupe avec les mêmes ingrédients et finalement les mêmes adversaires qui se choisissent ». D’autres, issus du mouvement des Gilets jaunes, du milieu associatif ou simplement désireux de comprendre le fonctionnement d’une mairie, ont trouvé là un espace d’échange rare.
« La démocratie directe et la remise en question, c’est vraiment quelque chose qui me parle, pour ne rien vous cacher, on a essayé de monter une liste NFP, mais a priori le PS local par le biais de madame Gazel a refusé, du coup aujourd’hui, j’aimerais m’investir dans une liste, mais le but n’est pas de noyauter ou d’aspirer quoi que ce soit, c’est juste de participer », assure un militant France Insoumise.
« J’aimerais que les choses soient faites autrement », « on parle beaucoup du référendum d’initiative citoyen. Ça m’intéresse », « je suis retraitée, j’ai espoir que les gens se mobilisent pour les générations futures et non plus pour leurs intérêts personnels », « j’ai répondu présent pour voir si on pouvait dé professionnaliser un peu le projet politique et voir s’il pouvait y avoir un engagement d’en bas en créant du lien et un projet intergénérationnel », « mon influence, ça a été les gilets jaunes, Étienne Chouard, je m’intéresse beaucoup à la reprise de la souveraineté populaire », « je suis écologiste, j’ai vraiment envie de faire bouger les choses, ce qui se fait actuellement ne me plait pas », « au départ, j’étais plus axé sur la grève des urnes, ça fait plus de 50 ans que j’ai as déposé un bulletin, mais en discutant avec Rémy, je me suis dit, si on peut déjà faire passer nos idées en matière de démocratie lors d’une élection municipale, ce sera déjà pas mal ! La démocratie participative est un oxymore, pour moi la démocratie n’a pas besoin d’adjectif, il faudra définir ensemble ce qu’on entend par démocratie »… confient tour à tour, des participants curieux de découvrir les propositions exprimées ici. Tous s’accordent sur un même constat : la politique locale doit redevenir un outil de proximité et de transparence.
Trois premiers chantiers : comprendre, apprendre, construire
Le collectif prévoit d’organiser une série d’ateliers citoyens avec trois objectifs précis, comprendre le fonctionnement d’une mairie (budget, compétences, décisions du conseil municipal…) ; apprendre à gérer collectivement une commune et coconstruire une Charte de démocratie directe qui engagerait tous les futurs candidats de la liste.
Envisagée avec l’aide de l’IA, et déjà esquissée dans d’autres communes françaises, elle serait élaborée collectivement et pourrait inclure des mécanismes de référendums locaux, de pétitions citoyennes ou encore de révocabilité des élus en cours de mandat en cas de manquement.
« Ce que nous voulons, ce n’est pas imposer un programme, explique Rémy, mais mettre en place un modèle d’organisation où les citoyens décident ensemble des projets à mener. »
Prochaine étape : des ateliers citoyens
Le collectif souhaite désormais élargir le cercle. De nouvelles réunions seront organisées dans les semaines à venir, ouvertes à toute personne souhaitant participer à l’élaboration de la charte ou simplement s’informer. Pour rejoindre la démarche ou obtenir plus de renseignements, il suffit d’écrire à lepeupleconstituant@gmail.com.
« Ce qu’on veut, conclut Rémy, c’est redonner du sens à la démocratie locale. Millau pourrait devenir un exemple de ville gérée réellement par et pour ses habitants. »
Si les vingt-cinq personnes présentes partagent un même intérêt pour la démarche, toutes ne souhaitent pas ou ne peuvent pas forcément intégrer une candidature municipale. Pour constituer une liste complète, il faudra réunir 35 personnes, ce qui s’annonce comme un défi. Mais l’idée générale pourrait éveiller et fédérer de nouvelles volontés dans les semaines à venir.


