Le conseil du 5 novembre était celui du dernier débat d’orientation budgétaire, de l’équipe en place avant les prochaines élections municipales. En chef d’orchestre, Emmanuelle Gazel a indiqué que « la Ville se trouvait dans une situation saine, mais extrêmement fragile ».
Une relative salubrité fiscale imputable, selon la maire de Millau « à l’inflation et au coût de l’énergie en baisse, à la dynamique limitée des bases fiscales ainsi qu’à une dette propre et maîtrisée, sans oublier l’engagement collectif des services sur la durée pour limiter la dépense ».
Pourtant, la cheffe de la majorité municipale prévient : « ça reste fragile, car on a un projet de loi de finance qui n’est pas voté, qui peut-être n’est pas prêt de l’être. Dans lequel, quelle que soit la mouture, on nous promet des économies très importantes sur les collectivités locales. Là, il est question de 2 milliards d’euros. Une chose est sûre, c’est que l’on va avoir une baisse des opérations de cofinancement. Pour les investissements ça va être compliqué. D’un autre côté, les dépenses de fonctionnement sont de moins en moins compressibles, aux vues des efforts entrepris depuis 2020. »
La première édile n’a pas manqué de rappeler sa volonté de mener à bien son mandat pour « une ville plus solidaire, plus émancipatrice, plus durable, plus entreprenante, plus démocratique et plus citoyenne, avec plus de 78 % de projets réalisés et 19 % en cours de réalisation ».
Après ce constat qui se voulait à la fois positif et prudent, la majorité s’est projetée vers 2026, à travers plusieurs enjeux phares, certaines mesures étant déjà mises en place, comme la gratuité des transports en commun, du musée et de la médiathèque, la tarification sociale pour cantine et les repas à domicile, les tarifs sociaux pour la piscine et les mercredis sportifs avec des tarifs en baisse, la mutuelle Communale, l’achat groupé pour les énergie… et en ligne de mire, l’amélioration des services publics et équipements, le maintien des subventions aux associations et pas d’augmentation des taux de fiscalité.
Pour ce qui est de la stratégie financière pure, là encore Emmanuelle Gazel défend son bilan. « Notre priorité est de dégager de l’épargne brute pour rembourser la dette et financer nos investissements. Sur le mandat, on finira à 43 millions d’euros investis, soit 17 millions de plus que prévu initialement, grâce à cette bonne gestion. »
La dette au 1er janvier 2026 s’élèvera donc à 30 423 000 € contre 31,8 millions d’euros environ en 2020. En 2026, ce sont plus de 4 millions d’euros qui devraient être investis sur la Ville.
2,9 millions d’euros sont fléchés pour des opérations d’entretien du patrimoine bâti, voirie et matériel. 686 469 seront distribués dans le cadre des divers projets de la votation citoyenne : cinéma (150 000 euros), végétalisation des cours d’école (400 000 euros), requalification rue du pont de fer (136 469 €).
Enfin, ce sont plus de 400 000 € qui devraient être destinés à divers programmes comme les subventions façades (40 000 €), le projet SPA (35 000 €) ou encore le PumpTrack (20 000 €). Sur ce point comme sur beaucoup d’autres lors du conseil, Karine Haumaitre a émis des doutes sur le tableau dressé par l’équipe sortante.
L’élu d’opposition a dénoncé « la gestion hasardeuse de certains projets, entraînant une évolution des coûts, comme le budget du terrain synthétique. Il était estimé à 1,15 million d’euros en 2024 et apparaît à 1,59 million d’euros en 2026. » Elle a également regretté « les préfigurations du budget sur la gestion municipale du stationnement, ainsi que l’absence de précisions relatives au remboursement dû à l’établissement public foncier sur le terrain Guy, environ 1 million d’euros… »
Dernière saillie de la conseillère municipale concernant « les indemnités accordées à certains élus de la majorité que nous n’avons jamais vus siéger où alors très occasionnellement ». Emmanuelle Gazel a, là encore été la voix de sa majorité : « les élus qui travaillent ont une indemnité », a tranché la première édile. Concernant les autres interrogations, la maire de Millau a argué : « Il est nécessaire d’être d’une extrême agilité budgétaire dans la situation actuelle. On est sans cesse obligé de réajuster, mais à chaque fois on en réfère au conseil municipal. Par rapport au terrain Guy, c’est l’établissement public foncier qui gère le portage financier. Enfin, pour la régie municipale des parkings, une enveloppe de 250 000 € a été votée pour servir de fonds d’amorçage pour le budget de fonctionnement de cette régie. »
La dette liée à l’EHPAD des terrasses des causses a été l’un des derniers points abordés lors de ce débat par Philippe Ramondenc. L’élu d’opposition s’est dit « inquiet de cette dette cachée de 16 millions d’euros ».
Emmanuelle Gazel a répondu en expliquant une nouvelle fois que « la Ville est seule garante de l’emprunt qui a été souscrit à taux variable pour la majeure partie et donc indexé sur le livret A. La situation est extrêmement préoccupante pour l’EHPAD. Il y aura prochainement un tour de table des financeurs, ARS et département qui sont les autorités de tutelle de l’EHPAD. On en reparlera en temps et en heure. »
Qu’elle choisisse ou non de poursuivre ces orientations budgétaires, il appartiendra à la prochaine équipe municipale de maintenir des finances saines, tout en trouvant des moyens pour continuer à investir pour Millau, dans un contexte national plus qu’incertain.




