Réunis mercredi matin à la mairie du Rozier, élus, représentants de la Fondation du Patrimoine et partenaires institutionnels ont officialisé une nouvelle étape pour la restauration du célèbre « pont cassé ». Lauréat du Loto du Patrimoine 2025, l’ouvrage emblématique du confluent du Tarn et de la Jonte s’apprête à retrouver une nouvelle vie après plus d’un siècle de silence.
Autour d’Arnaud Curvelier, maire du Rozier, se trouvaient notamment Emmanuelle Gazel, présidente de la communauté de communes Millau Grands Causses, Christian Forir, maire de Rivière-sur-Tarn, Alain Rouget, maire de Peyreleau, et Paul Gély, délégué de la Fondation du Patrimoine, venu signer la convention liant la commune à l’organisme.
« Un jour, on va se lever et il n’y aura plus de pont. Pour moi, c’est inconcevable », a lancé Arnaud Curvelier, rappelant l’urgence d’intervenir sur la pile centrale du pont, fragilisée par le temps et les crues répétées du Tarn.
Un monument au destin mouvementé
Construit en 1851, le premier pont du Rozier — alors surnommé « pont de la Muse » — fut plusieurs fois détruit par les crues, reconstruit, puis finalement emporté à nouveau en 1900. Depuis, les ruines de l’ouvrage, rebaptisé « pont cassé », dominent toujours le confluent des gorges, témoins d’un siècle et demi d’histoire locale.
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Tour à tour en bois, puis en pierre, péagé avant d’être racheté en 1887 pour redevenir libre d’accès, le pont fut longtemps vital pour relier les deux rives. Après sa destruction, il servit même de support à une passerelle métallique provisoire avant la construction du pont actuel, en aval, inauguré en 1907. Mais si ce dernier assure aujourd’hui la circulation automobile, il n’offre aucune sécurité aux piétons, ce qui rendrait d’autant plus urgente la renaissance du « pont cassé ».

Un projet structurant pour le territoire
Le projet, lancé dès 2014 par la commune du Rozier avec l’appui de plusieurs partenaires publics, vise à restaurer l’arche restante et à créer, à terme, une passerelle piétonne. Soutenu par la Fondation du Patrimoine, la Mission Bern et AXA assurances, il sera réalisé en deux tranches :
- Tranche 1 : consolidation et restauration des piles existantes (reprise des maçonneries, comblement des cavités, étanchéité, rejointoiement) ; le coût du chantier est estimé à environ 300.000 €.
- Tranche 2 : création d’une passerelle en acier corten avec plancher bois et garde-corps. Arnaud Curvelier, qui attend impatiemment la rénovation de la pile qui menace de s’écrouler, ne s’avance pas sur cette phase 2 du projet. « Une chose après l’autre… »
L’ensemble de ces travaux, qui devraient débuter en 2026 pour s’achever à l’été 2027, redonneraient au site sa fonction de lien entre les deux causses et offriront un passage sécurisé aux promeneurs.

Un lieu emblématique du tourisme vert
La restauration du « pont cassé » s’inscrit dans une démarche de valorisation du patrimoine et du tourisme durable. Situé au cœur d’un espace naturel classé Natura 2000, il deviendra un point de passage privilégié pour les randonneurs et amateurs de paysages, reliant les causses Méjean et Noir ainsi que les vallées du Tarn et de la Jonte.
« Ce projet, c’est à la fois un devoir de mémoire et une ouverture vers l’avenir, résume Arnaud Curvelier. Nous devons préserver notre patrimoine tout en améliorant la sécurité et l’attractivité du territoire. »
Grâce à la mobilisation des collectivités et au soutien de la Fondation du Patrimoine, le vieux « pont cassé » s’apprête à entamer une seconde vie, symbole de la volonté du territoire de préserver son histoire tout en la projetant vers l’avenir.





