Ce dimanche 16 novembre, ils ont voulu revenir là où tout avait commencé. Pour le septième anniversaire du mouvement, une vingtaine de Gilets jaunes de Millau se sont retrouvés sur le rond-point de Saint-Germain, celui-là même où ils avaient installé leurs premières barricades le 17 novembre 2018.
« On est toujours là », lance l’un des participants, comme pour rappeler que, malgré l’essoufflement national, le noyau millavois continue de se mobiliser. Le collectif se retrouve d’ailleurs à chaque date anniversaire, en plus de son rendez-vous hebdomadaire au « Petit Paradis », sur les bords de la Dourbie.
Un retour sur le « rond-point emblématique »
Dès midi, les militants ont ressorti pancartes, drapeaux et, bien sûr, le gilet fluorescent qui a marqué l’un des plus importants mouvements sociaux de ces dernières années. Entre discussions, retrouvailles et partage de souvenirs, la journée a pris des airs de réunion familiale pour ce groupe qui, depuis sept ans, n’a jamais totalement baissé la garde.
Cette édition avait toutefois un goût particulier : les Gilets jaunes ont tenu à rendre hommage à Annabel, figure historique du collectif, disparue en octobre 2024. Une plaque symbolique a été déposée en son nom sur le rond-point.

« Les râleurs de canapé »
Michel, l’un des visages emblématiques du mouvement millavois, présent depuis le tout premier jour, observe avec un mélange d’amertume et de résignation l’évolution de la contestation citoyenne.
« Les gens râlent de plus en plus mais ne sortent pas de chez eux. Moi, je les appelle les “râleurs de canapé” », sourit-il. Selon lui, « les occasions de râler ne manquent pas », citant notamment la dissolution décidée par Emmanuel Macron. « Il nous a encore volé la démocratie… », affirme-t-il, avant de conclure : « Mais il n’y a plus grand monde qui croit en grand-chose… ».
Sept ans après l’explosion du mouvement, les Gilets jaunes millavois continuent de défendre l’idée que la mobilisation populaire reste possible — à condition, disent-ils, que chacun accepte de quitter son canapé et de « reprendre » son rond-point.






