Hôpital commun du Sud-Aveyron : le cri d’alarme des syndicats

Millavois.com
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Après le Comité de Pilotage du futur hôpital commun réuni en novembre, auquel les syndicats participaient pour la première fois « après des années à le réclamer », c’est la douche froide. L’intersyndicale CGT hospitalière a convoqué la presse pour alerter la population du Sud-Aveyron et tirer la sonnette d’alarme, encore une fois.

« Décalage entre les paroles et les faits, Mascarade », c’est le mot qui revient en boucle dans la bouche des responsables syndicales expliquant à la presse leur déception, leur inquiétude, leur frustration et leur colère après leur premier CoPil aux côtés de l’ARS, de la Préfète de l’Aveyron, des élus de Millau, Saint-Affrique et du département. « On nous a présenté des plans d’architecte, mais le terrain n’est pas acheté et il n’y a pas de permis de construire. Pour la photo tout le monde se satisfait des budgets et des délais respectés, mais sur le terrain tout le monde souffre. » Corinne Mora, secrétaire CGT à l’hôpital de Millau et Régine Sauveplane, son homologue à Saint-Affrique ne décolèrent pas. « En un mois on a perdu 4 chirurgiens, la direction est dans le déni, il n’y a pas de pilote dans l’avion. Le risque de cet hôpital est qu’il devienne une coquille vide. Notre préoccupation à nous, sur le terrain, n’est pas 2030, mais comment soigner les patients demain matin ? Nous c’est le quotidien qui nous inquiète. Ce Copil est une vraie mascarade. »

Toutes les représentantes du personnel dénoncent la méthode en place pour la construction du projet, de l’architecture comme des groupes de travail. « Pour les réunions importantes, on est convoqué 48 h avant, même pendant les périodes de congés. À nous de nous débrouiller dans nos vies, notre boulot. On ne reçoit aucun ordre du jour des réunions, on formule des remarques, des préconisations, qui sont entendues, mais jamais écoutées ni intégrées. Et on ne reçoit jamais de compte-rendu. Pour le projet d’hôpital, on nous envoie une dessinatrice qui nous montre ses dessins, note nos doléances et repart. Mais rien ne change », se désolent les syndicalistes.

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« Un projet sous contraintes et déjà obsolète »

Comme l’expliquent les syndicalistes, « le projet souffre de contraintes imposées notamment par le choix du lieu ». « À cet endroit, comme il est conçu, une fois livré, il sera déjà obsolète, car aucun aménagement ni aucune évolution ne sera possible. On ne peut pas construire en hauteur ni creuser. On joue au Tetris. Ils veulent placer les secrétaires à deux dans des pièces de 10 m² avec 2 bureaux ! Les urgences sont conçues sans fenêtre, entièrement dans le noir. Une aberration ! Ils veulent absolument transférer tous les services administratifs sur place pour libérer Saint-Côme afin de vendre l’immeuble pour boucler le budget, sauf que ça prend de la place sur les services de soin, le confort des usagers et des soignants. Il manque déjà des mètres carrés utiles ! » Si la direction assure « qu’aucun plan social n’est prévu à l’ouverture », c’est bien le sujet du manque de praticiens qui inquiète le plus les syndicats.

Refusant la réponse de la direction de l’hôpital « pour qui l’hôpital commun sera la réponse à tout », ils vont jusqu’à se demander « si c’est du déni, du défaut de compétence ou si c’est volontaire ». Les syndicats tirent la sonnette d’alarme et demandent à être entendus avec un seul leitmotiv : « travailler mieux, pour soigner mieux ! »

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