Ce mardi 2 décembre, aux alentours de 17h30, environ 80 personnes se sont rassemblées place de la Capelle à Millau. À l’appel d’une intersyndicale réunissant la CGT (Millau et Saint-Affrique), Solidaires, ainsi que le NPA, les manifestants ont exprimé leur désaccord face aux choix budgétaires et politiques actuels.
C’est Céline Tabariès, porte-parole de la section CGT de Millau, qui a assuré la prise de parole au nom des organisations présentes (CGT, FSU et Solidaires). Dans un discours offensif, elle a dressé le bilan d’une rentrée sociale marquée par « une colère montante face à l’annonce d’un budget d’austérité ».
Austérité et justice fiscale au cœur des critiques
Les syndicats dénoncent un contraste saisissant entre la bonne santé des grands groupes et les efforts demandés aux travailleurs. « Alors que les bénéfices des entreprises du CAC 40 atteignent des records, le patronat veut imposer le gel des pensions et des salaires ». La représentante syndicale a fustigé le « refus récurrent de faire payer les plus riches », regrettant qu’ « aucune réelle mesure de justice fiscale n’a été adoptée ».

L’inquiétude est également vive concernant la Fonction publique et les services de santé. La prise de parole a pointé du doigt « le gel du point d’indice pour 2026 », le retour annoncé des « 3 jours de carence » et l’évocation publique de « 8.000 suppressions de postes d’enseignants ».
Une mise en garde face à l’extrême droite
Au-delà des revendications économiques, le discours a pris une tournure politique marquée, ciblant explicitement le rôle du Rassemblement National dans la situation actuelle. Céline Tabariès a rappelé qu’ « avec le soutien de l’extrême droite, l’Assemblée nationale a rejeté la taxation du patrimoine des milliardaires ».
L’intersyndicale a ainsi lancé un appel à la vigilance et à l’action politique : « Au moment où l’extrême-droite est aux portes du pouvoir, le syndicalisme se doit […] d’assumer aussi la nécessité de faire émerger une alternative sociale et écologique pour lutter résolument contre le libéralisme et l’extrême droite ». Pour les organisateurs, il s’agit de ne pas « laissons pas le fatalisme nous tenter vers les mouvements ultras conservateurs et réactionnaires ».
Des alternatives finançables
Pour conclure, les manifestants ont réaffirmé que leurs propositions sont réalistes. « De l’argent il y en a », a martelé la porte-parole, avançant des revendications telles que « la hausse généralisée des salaires, des pensions, des minimaux sociaux », le « rétablissement de l’ISF » et « l’instauration d’une taxation des actions et dividendes ».
Le rassemblement s’est terminé par un message de solidarité envers « 9 camarades qui seront jugés demain en appel à Poitiers » pour l’organisation de la manifestation de Sainte-Soline.










