Projet Cyclamen : « Vigilance Environnement Millau » demande rendez-vous à la préfète

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L’association « Vigilance Environnement Millau », créée après l’annonce de l’arrivée de l’entreprise Cyclamen dans la zone Millau Viaduc 2, se mobilise et entend comprendre, exiger et s’opposer. La jeune association présidée par Bérangère Chabora avait invité la presse lundi 15 décembre à la salle des fêtes de Saint-Germain. Au rendez-vous, une quinzaine d’adhérents actifs, tous remontés, chacun avec un avis et des griefs contre l’arrivée à Millau de Cyclamen, annoncée par la maire de Millau Emmanuelle Gazel et le vice-président de la Région Occitanie Jallil Benabdillah le 4 novembre.

Défaut de communication et recherche de responsabilités

A la manœuvre, Victor Bertrand, de Saint-Beauzély, qui prend les choses en main pour centraliser les arguments et la colère des adhérents. En premier lieu, une absence d’information des riverains directement concernés par cette implantation. « On aurait aimé que la population soit informée en amont, et avisée alors que cette arrivée est préparée par les élus depuis un an et demi. Ce dossier est vraiment arrivé par la petite porte de derrière. C’est pas clair. » D’autres en veulent aux élus qui ont porté ce dossier : « c’est déplorable que les élus laissent l’accès à notre territoire à cette entreprise, avec autant d’incompétences. Nos responsables ont des responsabilités ! »

Sur le fond, l’association dit « ne pas être opposée à l’arrivée de Cyclamen », mais veut « mettre la préfète de l’Aveyron devant ses responsabilités », puisque c’est elle qui a signé l’enregistrement d’ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement) de l’entreprise. Et c’est là tout le nœud du problème selon les opposants.

Pour l’instant ils refusent tout dialogue avec Arnaud Chaulet, le porteur du projet, déjà venu à leur rencontre lors d’une précédente réunion, qu’ils accusent de « nous dire ce qu’on veut entendre ». « Pas question de se mettre autour d’une table tant qu’on n’a pas rencontré la Préfète », martellent les membres de l’association.

Une autorisation plutôt qu’un enregistrement

Des dires de Victor Bertrand, «c’est un peu technique et compliqué ». Il explique que l’activité de l’entreprise est classifiée ICPE de telle marnière, qu’elle est soumise à un dossier d’enregistrement en préfecture, que contestent principalement les adhérents. « Il y a un loup et un vide juridique sur lequel ils jouent. On veut contraindre la Préfecture à les soumettre au régime de l’autorisation préfectorale. » Dans leur démarche ils se sont entourés d’avocats spécialisés en droit de l’environnement. Une classification en autorisation préfectorale les rassurerait et apporterait plus de garanties et de sécurités sur les risques environnementaux encourus. « Madame la Préfère nous dit que nous ne devons avoir aucune inquiétude. Mais ça c’est une réponse politique, visiblement elle ne sait pas de quoi elle parle. Nous voulons rencontrer la personne qui a instruit ce dossier d’enregistrement folklorique. Aujourd’hui c’est très facile de biaiser les services de l’État sur les déchets dangereux », déclare-t-il.

Ensemble, ils demandent avant tout à être « rassurés » par un classement qui engendrerait de facto des études d’impact, des études de risques et des contrôles. « Nous demandons une application sérieuse du principe de précaution. » Présente pour l’occasion et adhérente à l’association, la Fédération des Grands Causses, à l’origine du Parc Naturel Régional des Grands Causses, défend l’absence du Parc dans ce dossier estimant que ça n’est pas le rôle ni son objet d’intervenir ici, mais appelle les autorités à prendre des engagements pour protéger les populations.

Des risques et des incertitudes

Peu sensibles aux grandes annonces politiques, l’association s’est bâtie sur les inquiétudes de ses membres. « Ils veulent être de bons voisins, mais pourquoi feraient-ils bien ici ce qu’ils font mal ailleurs ? On aurait été plus rassurés de voir arriver un grand groupe national, comme Véolia. » L’association met directement en cause, l’exploitation par Cyclamen du site d’Eguelshardt en Moselle. « Il y a un gros décalage entre leur usine toute bricolée là-haut et ce qui est annoncé ici. Ils ont des mises en demeure depuis 2023 qu’ils n’ont pas encore traité, signe du peu d’intérêt qu’ils ont de l’environnement et du peu de moyens réels qu’ils ont ». « Du bruit 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, des fumées, des poussières non maîtrisées, un risque de présence de métaux lourds dans les eaux de ruissellement et les environnements proches, autant de dangers irrécupérables pour la nature et les êtres une fois le site installé… » sont au centre de leurs inquiétudes.

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Pas d’amalgame politique

Bien consciente de l’approche de la campagne électorale pour les municipales et de la présence dans leurs rangs de certaines personnalités engagées, les dirigeants de l’association ont tenu à préciser qu’il n’y avait aucun amalgame. « Karine Haumaitre a servi de lanceuse d’alerte et nous la remercions de son travail citoyen, mais on lui a répondu « Circulez, y’a rien à voir ! » », soulignent les participants, qui insistent : « notre démarche n’est ni de gauche ni de droite. »

L’association qui réunit déjà une centaine d’adhérents doit rencontrer prochainement Emmanuelle Gazel, Présidente de la Communauté de communes Millau Grands Causses et donne déjà rendez-vous le 8 janvier à la salle René Rieu à Millau, pour une réunion publique d’information.

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