Certains vœux de janvier sont plus attendus que d’autres. Ceux du centre hospitalier de Millau en font partie. Ce jeudi soir, une soixantaine d’invités se sont retrouvés dans la salle du réfectoire de l’établissement pour écouter, dans une atmosphère attentive, les différents intervenants avant de partager le traditionnel verre de l’amitié.
Au cœur de toutes les prises de parole, un même fil conducteur : le projet d’hôpital commun, pierre angulaire de l’avenir sanitaire du Sud-Aveyron.
Le projet d’hôpital commun en ligne de mire
Directeur par intérim depuis trois ans, Benoît Durand a ouvert la cérémonie. Revenant sur les réussites comme sur les difficultés de l’année écoulée, il a insisté sur la dynamique engagée entre les équipes de Millau et de Saint-Affrique, désormais appelées à travailler ensemble « dans une même direction ». Il a tenu à remercier l’ensemble des partenaires impliqués dans le projet de construction, en dehors du secteur médical : assistance à maîtrise d’ouvrage, Communauté de communes, commune de Saint-Georges-de-Luzençon et services de l’État.
Parmi les avancées marquantes de 2025, le directeur a cité le renouvellement de l’IRM et du mammographe, la réalisation de la première énucléation de prostate au laser Holmium, l’arrivée de masques de réalité virtuelle au bloc opératoire grâce à la fondation Galzin, la signature de la charte Romain Jacob en faveur de l’accès aux soins des personnes en situation de handicap, ainsi que les progrès réalisés en matière de dialogue social.
L’offre de soins s’est également étoffée avec l’arrivée récente d’un rhumatologue et d’un angiologue, bientôt rejoints, d’ici la fin du mois de janvier, par des neurologues.

« Conjuguer le projet au présent »
Nouveau président de la commission médicale d’établissement, Julien Viader a pris la suite en soulignant le rapprochement déjà bien engagé entre les équipes médicales du Sud-Aveyron. Un rapprochement qui, selon lui, n’est plus une perspective mais une réalité : « Il faut désormais conjuguer le projet au présent », a-t-il affirmé.
Tous les intervenants ont toutefois pointé les mêmes fragilités persistantes : la pénurie de médecins et la situation de la psychiatrie, deux enjeux majeurs pour lesquels les vœux de 2026 s’accompagnent d’un appel à des solutions concrètes.

L’humain au centre des priorités
Présidente du conseil de surveillance de l’hôpital, Emmanuelle Gazel a rappelé que les soignants restent « la priorité numéro un des Français ». Elle a remercié les équipes, souhaité la bienvenue aux nouveaux professionnels et placé l’année à venir sous le signe de l’espoir : celui du démarrage du chantier du nouvel hôpital, mais aussi celui « de l’humain au cœur de toutes les préoccupations et de la capacité collective à travailler ensemble ».
Claude Assier, conseiller départemental représentant le président du Département Arnaud Viala, excusé, a prolongé ce message en évoquant, à travers un témoignage personnel, la qualité des soins dispensés à l’hôpital de Millau. Lui aussi a qualifié le projet d’hôpital commun de « promesse d’unir nos forces ».
La CGT en contrepoint
Dans ce concert de messages optimistes, une note plus dissonante s’est fait entendre. La CGT a choisi un ton satirique pour exprimer les difficultés sociales rencontrées par les personnels hospitaliers. En reprenant et adaptant les paroles de la chanson « Tout va très bien Madame la Marquise », le syndicat a voulu rappeler que, derrière les discours, les conditions de travail restent un sujet de préoccupation majeur.

Un calendrier confirmé
Un point d’étape a enfin été présenté sur le calendrier du futur hôpital commun. Le permis de construire a été déposé et l’avant-projet détaillé est actuellement à l’étude. Si les délais sont respectés, comme c’est le cas jusqu’à présent, la pose de la première pierre est prévue en septembre 2026. La livraison de l’équipement est annoncée pour la fin mai 2029, avec un déménagement programmé à l’automne de la même année.
Une année charnière s’ouvre donc pour l’hôpital de Millau, entre espoirs partagés et défis toujours bien présents.





