Jean-François Rousset : « La science, la responsabilité et le respect doivent guider notre soutien aux agriculteurs »

Millavois.com
Lecture 4 min.
Jean-François Rousset

Face aux inquiétudes exprimées par le monde agricole, notamment autour de la gestion sanitaire des élevages et des accords commerciaux internationaux, le député de la 3e circonscription de l’Aveyron Jean-François Rousset réaffirme une ligne claire : confiance dans la science, accompagnement total des agriculteurs et refus de toute remise en cause de nos standards. Une tribune qui appelle aussi au dialogue et au respect mutuel.

« Engagé aux côtés de nos agriculteurs depuis le début de mon mandat, je mesure pleinement leurs inquiétudes.

La gestion de la dermatose nodulaire contagieuse en est une aujourd’hui. En tant que médecin, je ne peux qu’avoir confiance en la science. Elle guide nos décisions et c’est elle qui est à l’origine des protocoles. Si cela n’empêche pas de discuter d’autres alternatives, nous ne pouvons pas nous laisser imposer des thèses obscurantistes. La science est un progrès qui propose des solutions basées sur des preuves. Elle permet un choix éclairé qui implique une balance bénéfices/risques. Je refuse de prendre le risque de m’en écarter : opter pour une autre alternative reviendrait à assumer une balance bénéfices-risques qui n’a pas été évaluée.

Toutefois, je suis pleinement conscient de ce que l’abattage représente pour nos agriculteurs, d’autres générations l’ont connu avec la fièvre aphteuse, la tuberculose ou la brucellose. Les éleveurs doivent être accompagnés, soutenus et indemnisés afin de pouvoir rebondir au plus vite. C’est le rôle de l’État, et je veillerai à ce qu’il soit pleinement assumé.

Concernant l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, ma position a toujours été constante et claire : je me suis prononcé à plusieurs reprises contre cet accord à l’Assemblée nationale, convaincu qu’il fait peser des risques majeurs sur notre agriculture et sur le respect de nos standards. La France, par la voix de son Président, s’est clairement exprimée contre cet accord obsolète. Ma position est sans ambiguïté.

Par ailleurs, la simplification, que les agriculteurs appellent de leurs vœux, est un enjeu essentiel pour la continuité de l’activité agricole. J’ai d’ailleurs travaillé avec les syndicats agricoles sur des propositions concrètes comme le projet de déclaration unique et porté cette voix à l’Assemblée nationale. Quant aux nombreuses normes européennes, nous devons maintenir notre vigilance afin de ne pas ajouter de la norme à la norme.

Ces réflexions sur la simplification n’empêchent pas les contrôles nécessaires et incontournables des agriculteurs pour l’accès à leurs indemnités. L’un ne va pas sans l’autre.

LIRE AUSSI >> À Millau, la colère agricole s’invite devant la permanence du député

Je suis également convaincu que l’agriculture aveyronnaise, et l’élevage en particulier, doivent être protégés mais aussi valorisés, que ce soit pour sa nature pastorale, pour les spécificités de notre territoire ou encore pour la valeur particulière de ses productions.

Enfin, si les préoccupations de fond exprimées par cette mobilisation doivent être entendues et prises en compte, je déplore en revanche les actes de violence qui peuvent en découler. Cette nuit, les abords de ma permanence ont été dégradés. J’ai toujours été à l’écoute des différents syndicats agricoles, avec lesquels je dialogue régulièrement. Je suis pour la discussion, mais je regrette les débordements.

Le dialogue et le respect mutuel doivent rester au cœur de nos échanges pour aboutir à des solutions de bon sens. Le « biais » de chez nous !

Jean-François Rousset
Député de la 3e circonscription de l’Aveyron


La rubrique « Opinion » est l’espace de libre expression du site Millavois.com. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

Partager cet article