Environ 100 personnes se sont réunies jeudi 8 janvier au soir à la salle René-Rieu à Millau, à l’appel de Vigilance Environnement Millavoise, pour une réunion d’information consacrée au projet Cyclamen. Une présentation très critique destinée à élargir la mobilisation au-delà du seul quartier de Saint-Germain.
Vigilance Environnement Millavoise (VEM), a réuni près de 100 personnes pour exposer des informations récemment recueillies et présenter ses arguments contre le projet Cyclamen et surtout élargir son alerte à l’ensemble du bassin millavois.

Une présentation à charge, et chargée
Les différents responsables de l’association se sont succédé au micro pour faire état de leurs griefs. Au programme : différentes recherches sur l’entreprise Cyclamen, son site d’exploitation actuel en Moselle, les problèmes qu’elle y rencontre actuellement avec la Dréal et les riverains, le passé entrepreneurial du fondateur, les risques encourus à Millau, ainsi que la rencontre toute fraîche avec la sous-préfète de Millau et le directeur de la Dréal Tarn-Aveyron. L’objectif avoué de l’association était d’étendre son spectre d’alerte au-delà du seul périmètre de Saint-Germain pour concerner aussi toute la population du bassin millavois.
« Informer ce soir ne fait pas de nous des anti-tout », « Quelles garanties avons-nous ? »… Au cœur de la démarche des opposants, l’absence de garantie de l’État sur une amélioration à Millau de « tout ce qui ne va pas » en Moselle. La qualité et la classification des déchets, les poussières émanant de l’activité, le bruit, le risque de contamination du milieu naturel : tout a été longuement passé en revue.
Le choix de l’entreprise de passer par une procédure d’enregistrement ne passe pas. L’acceptation de ce dossier par les services de la préfecture encore moins. La Dréal et la préfecture sont clairement dans la ligne de mire des opposants, à qui ils reprochent d’avoir été « légers » dans leurs appréciations de l’activité et de l’entrepreneur.
À deux mois des élections municipales, l’association ne veut pas être récupérée par aucun camp et défend sa démarche apolitique, tant bien que mal, et malgré la présence de soutiens de différentes listes lors de la soirée.
Une intervention en direct de l’association des opposants au site mosellan a été réalisée, donnant un témoignage fort de ce que vivent les riverains et des problèmes de santé dont ils se disent victimes, et dont ils accusent Cyclamen d’être la cause.
Vers un recours au tribunal administratif
Après avoir dressé un portrait au vitriol du parcours d’entrepreneur du fondateur Adrien Antenen, les questions de l’assemblée ont permis à certains militants de demander des précisions sur certains sujets et de savoir quelles seraient les suites aux démarches de VEM.
L’association avait déjà annoncé précédemment qu’elle se faisait conseiller par un cabinet d’avocats spécialisés en droit de l’environnement. Une nouvelle étape sera franchie dans les prochains jours avec un recours au Tribunal administratif de Toulouse à l’encontre de la préfecture de l’Aveyron, pour contester l’arrêté préfectoral autorisant l’activité de Cyclamen « dans les prochains jours », aux dires de la présidente de l’association, Bérangère Chabora.

La cuisine centrale : une préoccupation discutée
Parmi tous les sujets abordés, un revient particulièrement et semble inquiéter plus sérieusement. L’association et ses soutiens reprochent le choix du lieu d’installation de l’usine Cyclamen dans la zone Milla Viaduc 2, sur la parcelle voisine de celle prévue pour la nouvelle cuisine centrale avec son verger et son jardin pédagogique. Pour l’occasion, c’est Emmanuelle Gazel, absente et donc dans l’incapacité de se défendre, qui en a pris pour son grade. « Les élus ne semblent pas au courant du dossier, ils font confiance aux services de l’État, une confiance que nous remettons sérieusement en question. »
À choisir, est-ce l’emplacement de l’usine qui est mal choisi ou celui de la cuisine centrale ? En tout état de cause, la nature de ce voisinage inquiète pour la santé des enfants millavois.

En guise de conclusion, Victor Bertrand, animateur de fonds de VEM, déclare à qui veut l’entendre qu’il « espère se tromper sur Cyclamen et que finalement tout se passera bien, mal c’est mal parti… ». L’élue d’opposition Karine Haumaître, présentée comme lanceuse d’alerte, répond quant à elle à la question de savoir s’il est possible d’empêcher la construction de l’usine : « L’objectif est de les décourager. »
Le ton est donné.


