Avec Portrait, présenté vendredi 16 janvier au Théâtre de la Maison du Peuple, Mehdi Kerkouche signe une pièce chorégraphique aussi explosive que sensible. À la croisée des styles et des émotions, le jeune prodige de la danse française interroge l’héritage familial et la place de l’individu dans le collectif, à travers une création accessible dès 8 ans.
Neuf danseurs, des corps tendus comme des fils électriques, et une énergie communicative : Portrait s’ouvre comme une photo de famille contemporaine, mais rapidement, l’image se fissure. Heureuse, embarrassante, toxique ou absente, la famille devient ici une matière chorégraphique à part entière. Mehdi Kerkouche explore ce que l’on hérite sans l’avoir choisi, ce dont on cherche parfois à s’extraire, ou au contraire à quoi l’on se raccroche pour tenir debout.
La pièce se déploie en tableaux expressifs, souvent teintés de burlesque, où les rapports intrafamiliaux se rejouent avec une intensité presque théâtrale. Le collectif fascine le chorégraphe, mais jamais au détriment des individualités : chaque danseur affirme sa singularité au sein du groupe, dans une tension permanente entre fusion et émancipation.
Une écriture chorégraphique hybride et galvanisante
Fidèle à son goût pour le métissage, Mehdi Kerkouche convoque des artistes venus d’horizons multiples (hip-hop, street jazz, cabaret, contemporain, voguing ou même cirqueà. Cette diversité nourrit une danse puissante, fluide, vibratoire, qui abolit les frontières entre les styles et célèbre la joie d’être ensemble.
La création est portée par la musique électro-pop envoûtante de Lucie Antunes, véritable moteur émotionnel du spectacle. Pulsations hypnotiques et nappes sensibles accompagnent les corps, amplifiant la dimension sensorielle de cette fresque chorégraphique.
Penser la famille, avant et après la scène
En écho au spectacle, une conférence intitulée La famille, nourricière ou mortifère est proposée en amont, de 18h30 à 19h30. Animée par Laëtitia Delamare, professeure de philosophie et docteure en anthropologie sociale et ethnologie, elle invite à prolonger la réflexion sur ce thème universel, à la fois intime et politique.
Vendredi 16 janvier à 20h30 au Théâtre de la Maison du Peuple de Millau. Durée : 1h. Dès 8 ans. Tarifs : de 13 € à 33 €. Billetterie : Théâtre de la Maison du Peuple, tél. : 05 65 59 47 61. Du mardi au vendredi, de 10h à 12h et de 14h à 18h30. www.maisondupeuplemillau.fr – www.ticketmaster.fr


