À Millau, l’avenir du Brevet de Technicien Supérieur (BTS) Gestion de la PME semble compromis pour la rentrée 2026-2027. Alors que la commission officielle ne doit se réunir que lundi prochain, la formation a déjà disparu de la plateforme Parcoursup, provoquant la colère de la communauté éducative et une levée de boucliers politique.
C’est une décision qui passe mal au lycée Jean-Vigo. Le rectorat de l’académie de Toulouse aurait fait part de son intention de fermer la section BTS Gestion de la PME (GPME) à compter de la rentrée 2026. Si les étudiants actuellement scolarisés pourront terminer leur cycle de deux ans, cette mesure signerait la fin d’une offre de formation tertiaire publique jugée essentielle pour le Sud-Aveyron.
Une suppression anticipée sur Parcoursup ?
Le calendrier de cette annonce suscite de vives interrogations. Alors que la commission académique chargée de statuer sur la carte des formations ne se tiendra que ce lundi 26 janvier, les enseignants ont constaté que l’offre de formation a d’ores et déjà été retirée de la plateforme Parcoursup depuis le 19 janvier.
Cette anticipation est perçue comme une méthode cavalière par les équipes pédagogiques, qui dénoncent une décision « unilatérale » prise avant même l’examen officiel du dossier. Pour les élèves de Terminale, dont la phase de saisie des vœux vient de débuter, l’option n’est donc plus accessible techniquement.
Un enjeu d’égalité territoriale
Au-delà de la méthode, c’est l’impact social et géographique qui inquiète. Le BTS GPME de Jean-Vigo est la seule formation publique de ce type dans le sud du département. Le recrutement y est local, attirant des bacheliers de Millau, Saint-Affrique ou encore Sévérac.
Les opposants à la fermeture soulignent que la seule alternative géographique serait le lycée privé de Rodez. Une option qui engendrerait des coûts de transport, de logement et de scolarité que de nombreuses familles modestes du bassin millavois ne pourraient pas assumer. « Si le BTS est supprimé, les élèves n’auront aucune possibilité de poursuivre leurs études dans cette formation dans le Sud Aveyron dans le public », alertent les enseignants.
Une formation en lien avec le tissu économique
Pourtant, les indicateurs de la section semblent au vert. L’établissement met en avant des effectifs complets : pour l’année 2025/2026, la section accueille 10 étudiants pour une capacité théorique de 9 places. De plus, l’ouverture à l’alternance il y a deux ans a permis de renforcer les liens avec les entreprises locales.
Ce diplôme forme des collaborateurs polyvalents pour les TPE et PME, qui constituent la majeure partie du tissu économique local . Les enseignants pointent d’ailleurs une incohérence : le fléchage de la taxe d’apprentissage résiduelle favorise pourtant les métiers dits « en tension » comme la gestion des PME.
Mobilisation politique et économique
Face à cette menace, la mobilisation s’organise. Les enseignants ont lancé un appel aux acteurs économiques locaux pour qu’ils témoignent de l’utilité de cette filière en matière de recrutement et de stages.
Le dossier a également pris une tournure politique. Dans un communiqué publié le 19 janvier, la fédération Reconquête de l’Aveyron a vivement réagi. Steeve Bono, délégué départemental du parti, dénonce une mesure qu’il juge « aberrante et irresponsable ». Il ajoute : « Cette fermeture totalement arbitraire et dénuée de sens commun constitue une attaque grave contre l’égalité territoriale et l’accès à la formation dans un département rural exposé au recul constant des services publics » .
La décision finale, qui sera débattue en commission le 26 janvier, est attendue avec anxiété par l’ensemble des acteurs du dossier.


