Millau. La maire interpelle le recteur pour sauver le BTS Gestion de la PME du lycée Jean-Vigo

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L’inquiétude grandit autour de l’avenir du BTS « Gestion de la PME » (GPME) au lycée Jean-Vigo de Millau. Menacée de fermeture à la rentrée prochaine, cette formation post-bac de proximité fait désormais l’objet d’une intervention directe de la maire de Millau, Emmanuelle Gazel, qui a saisi le recteur de l’académie de Toulouse, Karim Benmiloud.

Dans un courrier daté du 21 janvier, l’élue fait part de sa « très vive inquiétude » face à un projet qui, s’il était confirmé, priverait le territoire d’un cursus jugé stratégique pour son tissu économique . Deux jours plus tard, la Ville a officialisé sa position par voie de communiqué, réaffirmant son attachement au maintien de cette formation dispensée au lycée Jean-Vigo.

Un diplôme au cœur des besoins économiques locaux

Le BTS GPME répond directement aux besoins d’un territoire majoritairement composé de petites et moyennes entreprises et de structures artisanales. « Ce diplôme constitue un vivier de compétences indispensables pour nos entreprises locales », souligne la maire dans son courrier, rappelant que sa suppression entraînerait « une perte de compétence sur le bassin d’emploi » et fragiliserait la compétitivité des acteurs économiques.

Argument supplémentaire avancé : le soutien concret des entreprises au diplôme. Le montant de la taxe d’apprentissage versée spécifiquement au BTS GPME dépasse ainsi les 20 000 euros, preuve, selon la municipalité, de l’ancrage et de la reconnaissance de cette formation par le monde économique local.

Une offre post-bac déjà limitée à Millau

Au-delà de l’enjeu économique, la fermeture éventuelle du BTS poserait un problème plus large d’accès à l’enseignement supérieur. À Millau, l’offre post-bac publique reste réduite, avec seulement deux BTS proposés. La suppression de l’un d’eux serait vécue comme « un signal d’abandon de notre jeunesse et de notre territoire », écrit encore Emmanuelle Gazel, alors même que toutes les demandes d’ouverture de nouvelles formations ont jusqu’ici été refusées.

La maire insiste également sur les conséquences sociales d’une telle décision : contraints de quitter le territoire pour poursuivre leurs études, de nombreux bacheliers, notamment issus de la filière STMG, se heurteraient à des obstacles financiers et psychologiques susceptibles de freiner leur poursuite d’études.

Des effectifs jugés suffisants

Sur le plan des chiffres, la municipalité conteste l’argument d’un manque d’attractivité. Pour la prochaine rentrée, sept candidats se sont positionnés sur Parcoursup pour neuf places disponibles, un niveau d’effectif jugé « parfaitement conforme à la capacité d’accueil de la section » . Les associations de parents d’élèves se sont d’ailleurs elles aussi mobilisées pour défendre le maintien du BTS.

Un appel au nom de l’égalité des chances

Mercredi, la maire a rencontré les enseignants de la formation afin d’échanger sur la situation et de leur réaffirmer le soutien de la Ville. Le courrier adressé au recteur a également été transmis à la sous-préfète, à la préfète, à la directrice académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) ainsi qu’à la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga .

Au nom de « l’égalité républicaine », de l’accès à l’enseignement supérieur et du développement des territoires ruraux, la municipalité appelle désormais le rectorat à reconsidérer sa position et à confirmer le maintien du BTS Gestion de la PME à Millau. Une décision très attendue par les enseignants, les étudiants et l’ensemble des acteurs locaux.

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