Cyclamen à Millau : Laurent Renaudin (Les Ecologistes) dénonce « le double langage de la droite »

Alors que le projet d'implantation de l'usine Cyclamen à Millau suscite des inquiétudes croissantes, la récente mobilisation citoyenne a vu défiler des représentants de tous bords. Laurent Renaudin, pour Les Écologistes Millau Grands Causses, dénonce ici le « double langage de la droite » locale et réaffirme une ligne claire : ni rejet systématique, ni blanc-seing, mais une exigence absolue de garanties environnementales et de transparence.

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Laurent Renaudin (à gauche), lors de la marche citoyenne du samedi 7 février © Millavois.com

J’ai participé à la marche pour réclamer davantage de garanties environnementales à Cyclamen et à l’État. J’y ai croisé des figures familières et d’autres moins connues. Comme le souligne la presse : « L’arrivée de cette entreprise […] commence à interroger et dépasse les clivages politiques […] Des membres des deux listes candidates pour la mairie de Millau étaient présents ».

C’est vrai qu’il y avait des soutiens d’Emmanuelle Gazel et de Christophe Saint-Pierre, mais la présence de ces derniers interroge, tout comme l’affirmation de M. Saint-Pierre : « Le principe de précaution doit prévaloir ».

Si l’on ne peut que se réjouir que le secrétaire départemental du parti Les Républicains se préoccupe d’environnement, cette déclaration est-elle vraiment sincère ? Rappelons que Monsieur Duplomb, sénateur Les Républicains, faisant fi du principe de précaution, vient de déposer un nouveau projet de loi visant à réintroduire deux insecticides néonicotinoïdes.

Rappelons aussi qu’en 2018, Les Républicains ont tenté, sans succès, de retirer le principe de précaution de la Constitution, ou que le président des députés de son parti, Laurent Wauquiez, souhaite supprimer l’Office français de la biodiversité (OFB), la police de l’environnement.

Le dossier Cyclamen vaut mieux que cet opportunisme électoral. Les Ecologistes l’ont dit et le répètent : l’installation d’une usine du groupe Cyclamen qui tri des métaux non-ferreux issus des mâchefers pour en extraire de l’aluminium en alternative à l’extraction minière à l’autre bout de la planète.

Régler d’abord les problèmes qui existent en Moselle

Cependant, elle doit se faire avec des garanties qui assurent un air sain pour les salariés, les voisins et l’environnement, ainsi que des contrôles pour vérifier le bon fonctionnement de l’usine. Celles-ci doivent être apportées par l’entreprise, en réglant d’abord les problèmes qui existent en Moselle, et par les services de l’État.

L’installation d’une borne Atmo de contrôle de la qualité de l’air — que nous avons proposée dans un communiqué en novembre et qui a été évoquée par Madame Gazel — ainsi que des contrôles accrus sont une première réponse à nos attentes. La balle est maintenant dans le camp de Cyclamen sur son site de Moselle, où nous nous rendrons prochainement.

Pour Les Écologistes, refuser tout projet industriel sur la commune, c’est fragiliser notre robustesse future. À l’inverse, accepter un projet industriel sans exigences fortes serait irresponsable.

Quoi qu’il en soit, nous continuerons à défendre une écologie qui protège la santé, l’environnement et l’avenir du territoire, avec sérieux et lucidité.

Laurent Renaudin
Les Écologistes Millau Grands Causses


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