Démissions à Millau : Michel Durand répond et dénonce une stratégie politique

Mis en cause dans une tribune de Me Jean-Louis Esperce, Michel Durand, élu municipal sortant et candidat sur la liste menée par Emmanuelle Gazel, répond.

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Michel Durand (à gauche) et Me Jean-Louis Esperce (à droite) - DR

Me Esperce,

Votre démonstration à mon encontre appelle, à mes yeux, quelques rectifications simples, mais factuelles et nécessaires. Pour ne pas lasser les lecteurs, allons à l’essentiel.

Sur les chiffres d’abord. Réduire la situation aux seules démissions formelles ne correspond ni au droit ni aux faits.

Le code général des collectivités territoriales est clair : l’article L. 2121-5 prévoit que tout membre d’un conseil municipal qui refuse d’exercer une fonction qui lui est dévolue par la loi peut être déclaré démissionnaire d’office. Le refus de siéger équivaut donc, dans ses effets, à une démission.

Dès lors, ce ne sont pas seulement les sept élus d’opposition, mais bien trente-trois membres de la liste Millau en Action 2020 qui, par désistements successifs, ont quitté l’exercice effectif de leur mandat. Je nous épargnerai la litanie des noms, mais tiens à votre disposition les courriers individuels mentionnant explicitement le mot « démission ».

Je redis aujourd’hui encore, comme vous en convenez vous-même, que ces démissions n’étaient pas neutres politiquement : elles relevaient d’une stratégie visant à provoquer la chute de la maire. Quels que soient nos avis respectifs, ce contexte en éclaire utilement la portée.

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Sur le plan national ensuite, contrairement à ce que vous avancez, le Parti socialiste n’a jamais exigé la démission du Président de la République, y compris après la dissolution. De tels appels ont certes pu être formulés ailleurs dans le débat public, notamment sur le site Boulevard Voltaire que vous connaissez bien, média émanant d’un courant d’opinion dont chacun perçoit l’orientation et qui ne saurait être confondu avec une position socialiste officielle. Chacun jugera donc où se situe réellement la « leçon foireuse ».

Mais au fond, le débat n’est pas de savoir qui peut donner des leçons, mais de rester fidèle à la cohérence des actes. Et s’il faut vraiment évoquer un mât de cocagne, je me contenterai d’un constat simple : certains de ceux qui en sont descendus en cours de route, quel que soit le fond de leur chemise, n’aspirent aujourd’hui qu’à une chose — y remonter. Pour reprendre les mots d’Edgar Faure : « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent ».

Respectueusement,

Michel Durand,
Élu municipal sortant,
candidat sur la liste Millau pour vous avec Emmanuelle Gazel


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