Déploiement spectaculaire sur l’A75 : stupéfiants et sécurité routière dans le viseur des forces de l’ordre

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Vendredi 13 février, veille des vacances scolaires et jour de grands départs, c’est ce jour qu’avait choisi la préfète de l’Aveyron, Claire Chauffour-Rouillard, pour mener une opération de contrôles routiers d’envergure aux portes de Millau.

Cinquante gendarmes, policiers et douaniers, ainsi qu’une équipe cynophile accompagnée de Pablo, malinois spécialisé dans la recherche de stupéfiants, étaient déployés pour l’occasion à la barrière de péage du viaduc de Millau, au rond-point de Saint-Germain et à l’échangeur de La Cavalerie. L’opération a commencé à 14h30 pour se terminer à 17h, sans manquer de surprendre les automobilistes de passage.

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La visibilité : « être là, partout »

L’A75 est un axe stratégique en Aveyron pour les trafiquants, mais aussi pour les forces de l’ordre, reliant directement l’Espagne ou le port de Sète à Paris et au nord de l’Europe. Ainsi, elles entendent bien « se montrer, être vus, pour que les délinquants le sachent ». La préfète de l’Aveyron le répète, « si le département reste l’un des plus sûrs de France (avant-dernier en matière de violences et 92e sur 96 pour les atteintes aux biens), les tendances ne sont pas bonnes ».

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L’action de vendredi après-midi, impressionnante et bien préparée, avait pour objectifs le contrôle et la prévention contre la délinquance itinérante (d’où la présence sur l’A75) et la délinquance locale, avec comme priorité les stupéfiants, en forte hausse dans les chiffres (41 % des suspensions de permis en 2025).

« Sans consommateurs pas de dealers »

La Préfète, le rappelle, « sans consommateurs, pas de dealer », alors ce sont eux qui sont dans le viseur des forces de l’ordre. Ils sont traqués « afin de remonter systématiquement les filières, en espérant que la sanction du conducteur permettra également d’éviter des accidents », souligne la représentante de l’État avant d’ajouter « lorsqu’un conducteur local est dépisté positif, cela est considéré comme un indice suffisant pour déclencher une perquisition à son domicile afin de rechercher des produits stupéfiants ». Rappelons que la conduite sous stupéfiants est passible d’une amende forfaitaire de 500 € et de deux ans d’emprisonnement.

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Les stupéfiants et l’accidentalité routière inquiètent

On comprend que la tendance nationale de lutte contre les trafics de drogue a des répercussions en Aveyron. Le commandant Dussaix, directeur départemental de la Police nationale, le précise : « Il n’est pas question que nos zones rurales deviennent la base arrière du trafic. » Néanmoins, tous dressent le même constat avec regret : le nombre de consommateurs reste trop important, alimentant les réseaux et favorisant le transit de marchandises sur le territoire.

Autre sujet d’inquiétude, dont tous les liens de cause à effet ne sont pas encore établis : l’accidentalité routière en Aveyron. En 2025, 24 personnes ont été tuées sur les routes du département, soit une moyenne de deux par mois. C’est 33 % de plus qu’en 2019, année de référence. On dénombre également 201 accidents et 258 blessés. Les jeunes de moins de 25 ans (26 %) et les seniors de plus de 65 ans (33 %) sont les deux catégories les plus surreprésentées.

En cause, de plus en plus souvent, la conduite à risque (vitesse, alcool et/ou stupéfiants), en hausse de 9 %, des chiffres qui légitimes largement ces opérations de contrôle et la présence visible des gendarmes, policiers et douaniers sur le terrain.

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