Millau. Cyclamen : Léon Maillé appelle à ne « pas oublier l’histoire »

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Alors que le projet Cyclamen est présenté comme une opportunité économique, notamment à travers la promesse de créations d’emplois, Léon Maillé invite à prendre du recul. À la lumière d’exemples passés et récents, il alerte sur les discours trop séduisants et appelle à une réflexion collective, éclairée et prudente avant toute décision irréversible.

Ce projet fait débat ! Il serait une chance de créer 60 emplois : vrai ou faux ? Hélas, l’histoire locale nous démontre que le prétexte de l’emploi a toujours été la sauce destinée à nous faire avaler un rôti, fût-il insipide.

Il y a 55 ans, à propos de l’extension du camp militaire du Larzac, le ministre Debré utilisait le même stratagème pour masquer la spéculation à l’origine du projet. À vendre du rêve, autant forcer la dose ! À l’époque, il fallait croire que la destruction de 14 000 hectares devait créer de « 500 à 1 500 emplois » (voir la thèse d’histoire de Pierre-Marie Terral, page 50). Bien sûr, chaque préfet successif a rabâché le même refrain. Normal : ils ne sont que les perroquets de l’État et pas des parangons de vérité. Mieux encore, le préfet Bernard, de Rodez, en 1980, voulait toujours nous faire croire que l’extension du camp du Larzac « était indispensable à la défense nationale ». Or, Mitterrand élu, le camp ne s’est pas agrandi et la défense nationale ne s’est pas écroulée. Paroles de préfet…

En fait, dans notre système démocratique, les personnes élues, si elles ont le pouvoir de décider, n’en ont pas toujours les compétences. Alors nombreux sont les « conseillers » qui leur tournent autour afin de les briefer dans un sens avantageux pour ces businessmen. « Tout flatteur vit aux dépens… », disait La Fontaine.

En Moselle, Cyclamen a des problèmes… qui n’existeraient pas ici… Ah bon ?

Observons aussi cette future autoroute A69 : sans inconvénients au départ, maintenant que les travaux ont démarré, la justice dit qu’il faudrait les arrêter… alors que tout a été saccagé ! Absurde. Évitons d’en faire autant ici !

À côté des élus décideurs, ne serait-il pas indispensable d’intégrer un conseil de sages, non pas élus mais désignés, connus pour leur probité et leur expérience ? Ainsi, les décisions des élus seraient moins sujettes à caution et à controverses.

« On ne nous dit pas tout », clamait Anne Roumanoff. Malgré cela, des décisions parfois lourdes sont tout de même prises. Du côté du Salagou, là-bas aussi, un projet mystérieux de mines de lithium agace les associations locales, bien tenues à l’écart. « On se bat contre des moulins à vent », titrait la Conf’ de l’Hérault dans son magazine.

Toujours chercher à savoir… avant. Après, c’est trop tard ! Rappelons-nous : il y a plus de 30 ans, quand l’idée d’un Parc des Grands Causses était dans l’air, Robert Roussel, son instigateur, avait eu l’idée d’une délégation avec Louis Valès, J.-L. Coulon et moi-même afin d’aller visiter le parc du Luberon déjà existant. Se rendre compte par soi-même était son souhait.

Et si on en faisait autant aujourd’hui ?

Léon Maillé


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