Millau Jazz Festival 2026 : la 35e édition célèbre un jazz libre, métissé et indocile

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L'équipe de Millau en Jazz (Philippe Fayret, Gérard Tanguy, Claire Couffy et Claire Devic) a présenté le programme du festival ce mardi 24 février dans son local du jardin de la mairie © Millavois.com

Trente-cinq ans, et toujours cette même ligne de crête : défendre un jazz vivant, ouvert aux frottements, aux hybridations, aux surprises. Pour sa 35e édition, le Millau Jazz Festival revendique plus que jamais un « jazz libre, indocile et exigeant », pensé comme un bien commun — décentralisé, durable, et solidement ancré sur le territoire du Parc naturel régional des Grands Causses.

En 2026, le festival se déploie du dimanche 12 au samedi 18 juillet, avec un cœur battant installé dans les Jardins du Château de Sambucy, écrin patrimonial et verdoyant au centre de Millau, magnifié pour l’occasion. Autour, l’esprit « jazz en balade » irrigue aussi les communes voisines : concerts en plein air à Saint-Rome-de-Tarn et Aguessac, comme une invitation à suivre le jazz là où il se vit, au plus près des habitantes et habitants.

Une affiche qui embrasse le monde (et l’époque)

Le programme 2026 raconte un jazz qui n’a pas peur de se frotter au hip-hop, aux musiques afro-caribéennes, aux grooves urbains, aux songes pop, à la transe et aux pulsations électroniques — tout en gardant l’exigence d’écriture et le goût du risque.

Côté têtes d’affiche, James Brandon Lewis (l’une des voix majeures du saxophone new-yorkais actuel) vient électriser Sambucy avec un quartet de haute intensité, tandis que Vincent Peirani déploie sa nouvelle fresque Living Being IV: Time Reflections, explorant les jeux de rythmes et de mémoires, du baroque à Queen ou Led Zeppelin.

Et pour clore la semaine en grand format, Arat Kilo (« orchestre d’éthio-jazz » français de référence) embarque deux figures du verbe et de la voix, Mamani Keita et Mike Ladd, pour un voyage engagé et incandescent autour de Danama.


Le programme

Dimanche 12 juillet Jazz en balade (Saint-Rome-de-Tarn)

  • 21h30 – Pré de Barre : Fellas
    Groupe toulousain nourri par la scène jazz londonienne et l’esthétique hip-hop/jazz, Fellas revendique le groove et l’énergie scénique, avec une ambition claire : faire voyager le public à travers ses influences.

Lundi 13 juillet Jazz en balade (Aguessac)

  • 21h30 – Place Basse : Moustik Haterz
    Un cocktail de rythmes du monde (Balkans, Orient, Afro, hip-hop), porté par l’amour du live, de l’improvisation et de la danse — avec des dialogues explosifs entre flûte et saxophone.

Mercredi 15 juillet Ouverture (Jardins du Château de Sambucy, Millau)

  • 18h30 : ouverture des Jardins
  • 19h–20h : plateau radio en direct (Radio Larzac & Radio Saint-Affrique)
  • 19h30 : Compagnie La Vertu
    La fanfare d’ouverture : une musique de rue festive et dansante pour lancer la semaine.
  • 21h30 : Pulciperla – « Tatekieto »
    Rencontre explosive entre le quartet toulousain Pulcinella et les voix/percussions tribales de La Perla (Bogota) : influences bullerengue, reggaeton, funk, champeta… une transe charnelle taillée pour faire bouger Sambucy.

Jeudi 16 juillet Sambucy au présent (Millau)

  • 19h : Louise Knobil Trio
    Une contrebassiste-chanteuse-compositrice qui mélange jazz, chanson, punk et paillettes, avec une écriture personnelle (polyamour, insomnies, recettes de pesto…) et une énergie brute.
  • 21h : AMG
    Jeune quartet parisien en ascension, héritier revendiqué du spiritual jazz (Yusef Lateef, McCoy Tyner, Pharoah Sanders…), mais projeté dans l’instant : intensité, liberté, feu.
  • 22h30 : James Brandon Lewis Quartet
    Figure passionnante du jazz et des musiques improvisées, James Brandon Lewis relit l’histoire du saxophone (de Coltrane à Ayler, d’Ornette Coleman au blues et au hip-hop) avec une énergie de défricheur.

En accès libre – Millau (centre-ville)

  • 11h : pause musicale organisée par la MéSA
  • 18h – Jardins de la Mairie : Roue Libre (gratuit)
    Duo sax/guitare aux textures contemporaines, enrichi d’une scénographie de “roues de vélo” en mouvement, écho au cycle, à la répétition, à la transe.

Vendredi 17 juillet Entre pop onirique et vertige rythmique (Sambucy)

  • 19h : Duo Brady – « La Vie d’Après »
    Duo de violoncelles (lauréat Jazz Migration) : science-fiction, rêveries sur des futurs possibles, du lyrisme à une « techno acoustique » très libre.
  • 21h : Léa Maria Fries
    Un jazz-pop « classe et trash », une voix et une présence scénique qui assument autant l’élégance que l’électricité, avec un propos affirmé (notamment sur la place des femmes).
  • 22h30 : Living Being IV : Time Reflections – Vincent Peirani Quintet
    Exploration du temps et des danses, mosaïque où les pulsations contemporaines croisent des échos traditionnels, avec des clins d’œil au baroque comme au rock.

En accès libre – Millau (centre-ville)

  • 18h – Place des Consuls : Amblar Quintet
    Jazz électrique nourri de grooves organiques et d’harmonies modernes, à la croisée jazz/hip-hop/pop, avec des références assumées (Roy Hargrove, Robert Glasper, Snarky Puppy…).

Samedi 18 juillet Cinéma intérieur, forêt sonore et final sans frontières (Sambucy)

  • 19h : Prima Kanta (lauréat Occijazz 2025)
    Quartet atypique sans basse ni batterie : piano, violon, harpe électro-acoustique, sax/clarinettes… Une musique onirique, presque cinématographique, mêlant couleurs électroniques et voix chantées.
  • 21h : Poets of Forest
    Autour du batteur Arnaud Dolmen, une “méditation sonore” fragile et puissante, où les thèmes deviennent matière vivante, transformée, comme murmurée par une forêt intérieure.
  • 22h30 : Arat Kilo feat Mamani Keita & Mike Ladd – « Danama »
    Éthio-jazz, rythmiques urbaines (2-step, jersey club…), fanfares, spoken word : un grand final lumineux et engagé, qui appelle à la confiance, au collectif, aux futurs désirables.

BD, jeune public, et un festival qui vit aussi la journée

Le Millau Jazz Festival, ce n’est pas seulement l’enchaînement des concerts du soir : c’est un tempo de ville et de territoire. Dès le 16 juin et jusqu’au 18 juillet, une exposition « Jazz In BD » (affiches, pochettes vinyles, ouvrages illustrés) s’installe au Bureau de Millau en Jazz (vernissage le mardi 16 juin à 19h30).

Le festival soigne aussi son parcours familial et jeune public avec le spectacle Fuite(s) pour Flûte(s) (Salle René Rieux, Millau) et des ateliers (centres de loisirs, parents/enfants), ainsi qu’un atelier graff ados dans les jardins de Sambucy.

Un événement durable, ancré, et pensé pour durer
Labellisé « Événement Détonnant – niveau 2 » (renouvelé en 2025), le festival poursuit en 2026 ses engagements : mobilité douce, réduction et tri des déchets, suppression des bouteilles plastique, circuits courts, achats responsables, attention à l’accessibilité (dont dispositifs pour personnes malentendantes), et valorisation du bénévolat.

Infos pratiques : billetterie, tarifs, contacts

  • Prévente jusqu’au 10 juillet 2026
  • Soirées jeudi 16 / vendredi 17 / samedi 18 :
    • Plein tarif : 27 € (prévente) / 31 € (pendant festival)
    • Tarif réduit : 18 € / 22 €
    • Pass 2 soirées : 52 € (prévente) / 58 € (festival)
    • Pass 3 soirées : 72 € (prévente) / 78 € (festival)
  • Dimanche 12 & lundi 13 (Jazz en balade) : 13 €
  • Soirée d’ouverture (mercredi 15) : 10 €
  • Spectacle familial Fuite(s) pour Flûte(s) : 8 € / 5 € ; – de 10 ans gratuit (casques en prêt)
  • Points de vente : en ligne (à partir de mars) sur millaujazz.fr, Office de Tourisme, Bureau de Millau en Jazz (Jardins de la Mairie, 1bis avenue Alfred Merle)
  • Contact : info@millaujazz.fr – 05 65 60 82 47
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