Faux policiers et vraies arnaques : Millau ciblée par une vague d’escroqueries

La Police Nationale de l'Aveyron lance l'alerte. Depuis plusieurs jours, la commune de Millau fait face à une recrudescence inquiétante de fraudes téléphoniques. Des escrocs, se faisant passer pour des policiers, manipulent leurs victimes pour leur soutirer d'importantes sommes d'argent via des recharges prépayées.

Millavois.com
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(Photo d'illustration)

C’est un scénario redoutable et bien huilé qui fait actuellement des ravages dans le secteur de Millau. La circonscription de police nationale met en garde la population contre des individus très persuasifs qui usurpent la fonction d’enquêteurs de la brigade financière ou du commissariat local. Leur cible privilégiée : les seniors.

Un mode opératoire basé sur l’urgence et la peur

Tout commence par un simple appel sur le téléphone fixe. Au bout du fil, un soi-disant « policier » annonce à la victime que des prélèvements frauduleux ont été détectés sur son compte bancaire. Pour la mettre en confiance, le faux enquêteur affirme que des suspects ont été interpellés, mais que pour bloquer les fonds et aider l’enquête, la victime doit agir dans la minute.

La manipulation psychologique est totale : l’escroc exige de son interlocuteur qu’il se rende d’urgence dans un bureau de tabac pour acheter des coupons prépayés « Transcash ». Pour maintenir la pression et s’assurer que la victime ne donne pas l’alerte, le malfaiteur reste en ligne avec elle ou la rappelle frénétiquement tout au long du trajet.

Une fois les tickets achetés, l’escroc récupère les codes à distance. Le tour est joué : l’argent est immédiatement encaissé, souvent depuis des pays lointains.

La douche froide au commissariat

Dans un cas récent cité par la police, une victime a ainsi été poussée à acheter trois recharges pour un montant frôlant le millier d’euros. Pour parfaire la supercherie, le faux policier lui a ensuite donné rendez-vous au commissariat en début d’après-midi pour « déposer plainte ». C’est en se présentant à l’accueil face aux véritables agents que la victime a réalisé qu’elle venait de se faire dépouiller.

Malgré les campagnes de sensibilisation menées auprès des buralistes millavois, les enquêteurs ont la certitude que plusieurs personnes sont déjà tombées dans le panneau. Le préjudice total est évalué à plusieurs milliers d’euros.

Les consignes de sécurité de la Police Nationale

Face à cette menace, la Police de l’Aveyron rappelle les règles de prudence élémentaires pour déjouer ces arnaques :

  • La police ne demande jamais d’argent : Un véritable policier ou gendarme ne vous contactera jamais par téléphone pour vous associer à une enquête, ni pour vous demander de réaliser des transactions financières ou de déplacer des fonds.
  • Protégez vos codes : Ne communiquez jamais les codes de recharge Transcash (ou autre) à des tiers inconnus, que ce soit par téléphone, SMS ou email. Ne les saisissez pas non plus sur de prétendus sites de « vérification ».
  • Ne cédez pas à l’urgence : Les escrocs misent sur la précipitation. Prenez toujours le temps de la réflexion et raccrochez.
  • Vérifiez l’identité : Face à une personne se déclarant de la police (même physiquement), exigez une carte professionnelle et n’hésitez pas à appeler le 17 ou votre commissariat pour vérifier la réalité de l’intervention.
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