Habitat social à Millau : Aveyron Habitat clarifie les responsabilités

Dans le débat des municipales à Millau, Aveyron Habitat estime être mis en cause indirectement par le programme de campagne de la maire sortante, Emmanuelle Gazel, qui affiche une « exigence de rénovation de l’habitat social public » — une formule que le bailleur juge ambiguë car elle laisse entendre que la Ville pourrait imposer ces travaux. La tribune répond aussi à un article de Midi Libre publié le 2 mars 2026, qui a relayé ces éléments et nourrit, selon Aveyron Habitat, une confusion sur les responsabilités.

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Valérie Abadie-Roques (DR)

En tant que Présidente du Conseil de Surveillance d’Aveyron Habitat, je souhaite réagir aux éléments relatifs à l’habitat social figurant dans le programme de Madame Gazel, maire sortante de Millau, ainsi qu’à l’article publié le 2 mars 2026 dans le Midi Libre. Le sujet du logement social est trop sérieux, il concerne trop de familles, pour laisser s’installer des approximations ou des confusions sur les responsabilités de chacun.

À la lecture du volet « Habitat Logement » du programme, la mention « exigence de rénovation de l’habitat social public » interpelle. Le terme est fort. Il laisse entendre que la Mairie de Millau disposerait d’un pouvoir hiérarchique sur les bailleurs sociaux.

Cette interprétation est inexacte et Aveyron Habitat ne peut pas laisser croire à ses locataires qu’une décision municipale suffirait à imposer la rénovation de leur logement.

Un bref rappel juridique s’impose.

Aveyron Habitat, principal bailleur social de la commune avec près de 1 500 logements à Millau, est une société anonyme d’HLM dont le Département de l’Aveyron et Procivis Logement Social sont les actionnaires de référence. La stratégie patrimoniale est arrêtée par un directoire et un conseil de surveillance que je préside. Sur 16 administrateurs membres du Conseil de Surveillance, deux sont proposés par la Communauté de Communes Millau Grands Causses.

La Mairie de Millau n’y détient ni majorité, ni pouvoir de décision. Elle ne « commande » pas. Elle ne « décide » pas. Elle ne « valide » pas. Elle ne peut donc pas « exiger ».

Aveyron Habitat n’est peut-être pas le plus démonstratif en matière de communication, mais nous agissons concrètement. Nous conduisons de nombreux projets et investissements, qu’il s’agisse de réhabilitations, de rénovations ou de constructions neuves.

Nous respectons nos obligations réglementaires, notamment en matière de performance énergétique, et mettons en œuvre un plan stratégique de patrimoine sur dix ans pour améliorer notre parc. Ce plan est construit sur la base d’exigences règlementaires mais aussi d’une gestion engagée et responsable.

Les engagements sont concrets, chiffrés, financés.

Entre 2025 et 2030, plus de 250 logements seront réhabilités à Millau pour un investissement supérieur à 12 millions d’euros. Sur la même période, près de 220 logements neufs seront livrés à Millau, représentant plus de 38 millions d’euros d’investissement.

Ces rénovations et constructions ne répondent pas à une « exigence » proclamée mais à une stratégie claire, décidée et assumée par Aveyron Habitat.

Le programme électoral de Mme Gazel évoque également les « chantiers de construction de logements neufs à Beauregard… ». Je tiens là aussi à apporter des précisions.

La restructuration du quartier de Beauregard avec la construction de 117 logements est une opération imaginée, portée et financée par Aveyron Habitat. La Mairie de Millau ne les conçoit pas et ne les finance pas.

Il me semblait indispensable de rappeler à nos locataires qui décide, qui investit et qui construit réellement.

Aveyron Habitat est un bailleur social pleinement engagé au service du département et participe activement à l’aménagement du territoire ainsi qu’au renforcement de son attractivité.

Nous regrettons que Madame Gazel choisisse d’employer le terme « exiger », car cette approche ne correspond pas à nos méthodes de travail. Aveyron Habitat agit dans une logique de collaboration et de partenariat. C’est ainsi que nous conduisons, aujourd’hui, les projets que nous menons dans plus de 40 communes de l’Aveyron, et nous souhaitons sincèrement que cette manière de travailler puisse également s’appliquer à Millau.

Valérie ABADIE-ROQUES
Présidente du Conseil de Surveillance d’Aveyron Habitat
Conseillère départementale du canton Rodez–Onet


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